{"id":3093,"date":"2013-05-29T17:25:52","date_gmt":"2013-05-30T01:25:52","guid":{"rendered":"https:\/\/elaw.org\/belize-aurelio-cal-et-al-v-attorney-general-belize-supreme-court-belize-claims-no-171-and-17\/"},"modified":"2023-12-11T12:46:54","modified_gmt":"2023-12-11T20:46:54","slug":"belize-aurelio-cal-et-al-v-attorney-general-belize-supreme-court-belize-claims-no-171-and-17","status":"publish","type":"resource","link":"https:\/\/elaw.org\/fr\/resource\/belize-aurelio-cal-et-al-v-attorney-general-belize-supreme-court-belize-claims-no-171-and-17","title":{"rendered":"Belize \u2014 Aurelio Cal, et coll. c. Procureur g\u00e9n\u00e9ral du Belize, Cour supr\u00eame du Belize (demandes n\u00b0 171 et 172 de 2007) (18 octobre 2007) (Droits fonciers mayas)"},"content":{"rendered":"<p>\u00c0 LA COUR SUPR\u00caME DE BELIZE, AD 2007<\/p>\n<p>R\u00c9CLAMATIONS CONSOLID\u00c9ES<\/p>\n<p>R\u00c9CLAMATION NO. 171 DE 2007<\/p>\n<p>\nENTRE:<\/p>\n<p>\nAURELIO CAL en son propre nom et au nom du VILLAGE MAYA DE SANTA CRUZ<br \/>\net<br \/>\nBASILIO TEUL, HIGINIO TEUL, MARCELINA CAL TEUL<br \/>\net SUSANO CANTI Demandeurs<\/p>\n<p>\nET<\/p>\n<p>\nLE PROCUREUR G\u00c9N\u00c9RAL DU BELIZE<br \/>\net<br \/>\nLE MINISTRE DES RESSOURCES NATURELLES ET<br \/>\nENVIRONNEMENT D\u00e9fendeurs<\/p>\n<p>R\u00c9CLAMATION NO. 172 DE 2007<\/p>\n<p>\nENTRE:<\/p>\n<p>MANUEL COY en son propre nom et au nom du VILLAGE MAYA DE CONEJO<br \/>\net<br \/>\nMANUEL CAAL, PERFECTO MAKIN<br \/>\net MELINA MAKIN Demandeurs<\/p>\n<p>\nET<\/p>\n<p>\nLE PROCUREUR G\u00c9N\u00c9RAL DU BELIZE<br \/>\net<br \/>\nLE MINISTRE DES RESSOURCES NATURELLES ET<br \/>\nENVIRONNEMENT D\u00e9fendeurs<\/p>\n<p>\n__<\/p>\n<p>DEVANT l&#039;honorable Abdulai Conteh, juge en chef.<\/p>\n<p>\nMme Antoinette Moore pour les demandeurs.<br \/>\nMme Nichola Cho avec Mme Andrea McSweeney McKoy pour les d\u00e9fendeurs.<\/p>\n<p>\n__<\/p>\n<p>\nJUGEMENT<\/p>\n<p>\n1. Les demandeurs et la nature de leur cas<\/p>\n<p>Ce jugement concerne des demandes regroup\u00e9es qui soul\u00e8vent essentiellement la m\u00eame question. Tous les demandeurs ont en commun d&#039;\u00eatre membres des communaut\u00e9s mayas du sud du Belize. Le premier groupe de demandeurs dans la r\u00e9clamation n\u00b0 171 de 2007 vit dans le village maya de Santa Cruz ; et le premier demandeur nomm\u00e9 Aurelio Cal est l&#039;Alcalde \u00e9lu dudit village de Santa Cruz et il pr\u00e9sente cette r\u00e9clamation en son propre nom et en celui du village demandeur. Les autres co-demandeurs sont tous membres dudit village de Santa Cruz.<\/p>\n<p>Le deuxi\u00e8me groupe de demandeurs dans la r\u00e9clamation n\u00b0 172 de 2007 vit dans le village maya de Conejo, et le premier demandeur nomm\u00e9, Manuel Coy, est l&#039;alcalde \u00e9lu du village de Conejo et il a d\u00e9pos\u00e9 cette r\u00e9clamation en son propre nom et en celui de ledit Village Conejo. Les autres co-demandeurs sont \u00e9galement membres du Village Conejo.<\/p>\n<p>2. Les demandeurs ont engag\u00e9 la pr\u00e9sente proc\u00e9dure pour obtenir r\u00e9paration pour violations pr\u00e9sum\u00e9es des articles 3, 3(a) ; 3d); 4\u00a0; 16 et 17 de la Constitution du Belize. Ces violations, affirment-ils, d\u00e9coulent de l&#039;incapacit\u00e9 du gouvernement du Belize \u00e0 reconna\u00eetre, prot\u00e9ger et respecter leurs droits fonciers coutumiers, qui, selon eux, sont fond\u00e9s sur l&#039;utilisation et l&#039;occupation traditionnelles des terres par le peuple maya, notamment les habitants de Santa Cruz et Villages du Conejo. Les droits fonciers coutumiers mayas, affirment-ils, constituent une propri\u00e9t\u00e9 qui, comme d&#039;autres int\u00e9r\u00eats de propri\u00e9t\u00e9 au Belize, est ou devrait \u00eatre prot\u00e9g\u00e9e par la Constitution. Ils affirment que le caract\u00e8re exclusif de ces droits est affirm\u00e9 par le droit coutumier maya, le droit international des droits de l&#039;homme et la common law. En particulier, ils affirment que les droits fonciers coutumiers du peuple maya du Belize, y compris des demandeurs, ont \u00e9t\u00e9 reconnus et affirm\u00e9s comme des biens par la Commission interam\u00e9ricaine des droits de l&#039;homme dans l&#039;affaire Communaut\u00e9s autochtones mayas du district de Toledo c. B\u00e9lize. (Plus d&#039;informations \u00e0 ce sujet plus tard).<\/p>\n<p>3. Les demandeurs all\u00e8guent \u00e9galement que le Gouvernement de Belie n&#039;a jamais reconnu et prot\u00e9g\u00e9 leurs droits de propri\u00e9t\u00e9 sur les terres qu&#039;eux et leurs anc\u00eatres ont traditionnellement utilis\u00e9es et occup\u00e9es ; et que le fait de ne pas accorder la m\u00eame reconnaissance et la m\u00eame protection juridiques aux droits de propri\u00e9t\u00e9 coutumiers mayas, contrairement \u00e0 ceux \u00e9tendus \u00e0 d&#039;autres formes de propri\u00e9t\u00e9, est discriminatoire et constitue une violation des articles 3 et 16 de la Constitution du Belize.<\/p>\n<p>4. Les demandeurs concernant le village de Conejo indiquent en outre que le 5 mai 2006, une demande \u00e9crite a \u00e9t\u00e9 soumise au gouvernement du Belize demandant la d\u00e9marcation et la reconnaissance des terres du village de Conejo. Cette demande, affirment-ils, a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e au Premier ministre du Belize, accompagn\u00e9e d&#039;une carte du village de Conejo et des accords \u00e9crits avec les villages voisins affirmant les limites du village de Conejo repr\u00e9sent\u00e9s sur la carte. Les demandeurs affirment qu&#039;il n&#039;y a eu aucune r\u00e9ponse de la part du Gouvernement b\u00e9lizien.<\/p>\n<p>5. En ce qui concerne le village de Santa Cruz, les demandeurs affirment que le 22 f\u00e9vrier 2007, une lettre a \u00e9t\u00e9 soumise au gouvernement lui demandant de publier imm\u00e9diatement une d\u00e9claration publique reconnaissant que Santa Cruz jouit de droits sur les terres et les ressources dont ses membres disposent traditionnellement. utilis\u00e9s et occup\u00e9s et d&#039;\u00e9mettre imm\u00e9diatement une directive \u00e0 tous les minist\u00e8res et d\u00e9partements du gouvernement leur demandant d&#039;exercer leurs fonctions d&#039;une mani\u00e8re compatible avec ces droits. Les demandeurs affirment qu&#039;il n&#039;y a eu ni accus\u00e9 de r\u00e9ception ni r\u00e9ponse \u00e0 leur demande.<\/p>\n<p>6. Tous les demandeurs affirment en outre que le gouvernement, en particulier le Minist\u00e8re des ressources naturelles et de l&#039;environnement, a accord\u00e9 ou menac\u00e9 d&#039;accorder des baux, des subventions et des concessions pour ces terres sans respecter le r\u00e9gime foncier traditionnel de Santa Cruz et Conejo.<\/p>\n<p>7. Ces actes et omissions, selon les demandeurs, violent les droits \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 affirm\u00e9s dans les articles 3(d) et 17 de la Constitution du Belize, ainsi que les droits \u00e0 la vie, \u00e0 la libert\u00e9, \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 de la personne et \u00e0 la protection de la loi affirm\u00e9s dans les articles 3(a) et 4 de la Constitution du Belize.<\/p>\n<p>8. Enfin, les demandeurs affirment que le peuple maya vit, cultive, chasse et p\u00eache ; collecter des plantes m\u00e9dicinales, des mat\u00e9riaux de construction et d&#039;autres ressources foresti\u00e8res\u00a0; et participer \u00e0 des c\u00e9r\u00e9monies et \u00e0 d&#039;autres activit\u00e9s sur terre au sein et autour de leurs communaut\u00e9s\u00a0; et que ces pratiques ont \u00e9volu\u00e9 au fil des si\u00e8cles \u00e0 partir des mod\u00e8les d&#039;utilisation et d&#039;occupation des terres du peuple maya. Ils affirment que les droits de propri\u00e9t\u00e9 d\u00e9coulant de ces pratiques coutumi\u00e8res sont essentiels \u00e0 leur survie physique et culturelle.<\/p>\n<p>9. Les demandeurs demandent donc maintenant \u00e0 ce tribunal, dans le cadre de cette proc\u00e9dure, les r\u00e9parations suivantes\u00a0:<\/p>\n<p>a) Une d\u00e9claration selon laquelle les demandeurs des villages de Santa Cruz et Conejo et leurs membres d\u00e9tiennent, respectivement, des droits collectifs et individuels sur les terres et les ressources qu&#039;ils ont utilis\u00e9es et occup\u00e9es selon les pratiques coutumi\u00e8res mayas et que ces droits constituent une \u00ab propri\u00e9t\u00e9 \u00bb au sein du territoire. sens des articles 3(d) et 17 de la Constitution du Belize.<\/p>\n<p>b) Une d\u00e9claration selon laquelle les villages mayas de Santa Cruz et Conejo d\u00e9tiennent un titre collectif sur les terres que leurs membres ont traditionnellement utilis\u00e9es et occup\u00e9es dans les limites \u00e9tablies par les pratiques coutumi\u00e8res mayas\u00a0; et que ce titre collectif inclut les droits et int\u00e9r\u00eats individuels d\u00e9riv\u00e9s des membres du village qui sont conformes et soumis au droit coutumier de Santa Cruz, Conejo et Maya.<\/p>\n<p>c) Une ordonnance selon laquelle le gouvernement d\u00e9terminera, d\u00e9limitera et fournira une documentation officielle sur le titre et les droits de Santa Cruz et Conejo conform\u00e9ment au droit et aux pratiques coutumi\u00e8res mayas, sans pr\u00e9judice des droits des villages voisins.<\/p>\n<p>d) Une ordonnance enjoignant au d\u00e9fendeur de cesser et de s&#039;abstenir de tout acte susceptible d&#039;amener les agents du gouvernement lui-m\u00eame, ou des tiers agissant avec son acquiescement ou sa tol\u00e9rance, \u00e0 affecter l&#039;existence, la valeur, l&#039;usage ou la jouissance des biens situ\u00e9s dans le zone g\u00e9ographique occup\u00e9e et utilis\u00e9e par le peuple maya de Santa Cruz et de Conejo, \u00e0 moins que ces actes ne soient conformes \u00e0 leur consentement \u00e9clair\u00e9 et aux garanties de la Constitution du Belize. Cette ordonnance devrait inclure, sans toutefois s&#039;y limiter, l&#039;obligation pour le gouvernement de s&#039;abstenir de\u00a0:<\/p>\n<p>je. d\u00e9livrer des baux ou des subventions pour des terres ou des ressources en vertu de la Loi sur les terres nationales ou de toute autre loi\u00a0;<\/p>\n<p>ii. enregistrer tout int\u00e9r\u00eat foncier\u00a0;<\/p>\n<p>iii. \u00e9mettre toute r\u00e9glementation concernant l\u2019utilisation des terres ou des ressources\u00a0; et<\/p>\n<p>iv. d\u00e9livrer des concessions pour l&#039;exploitation et la r\u00e9colte des ressources, y compris les concessions, permis ou contrats autorisant l&#039;exploitation foresti\u00e8re, la prospection ou l&#039;exploration, l&#039;exploitation mini\u00e8re ou une activit\u00e9 similaire en vertu de la Loi sur les for\u00eats, de la Loi sur les mines et min\u00e9raux, de la Loi sur le p\u00e9trole ou de toute autre loi.<\/p>\n<p>10. Les accus\u00e9s et leur d\u00e9fense<\/p>\n<p>Les d\u00e9fendeurs dans les deux r\u00e9clamations regroup\u00e9es sont nominalement le procureur g\u00e9n\u00e9ral du Belize et le ministre des Ressources naturelles et de l&#039;Environnement. Toutefois, il est indiscutable que les r\u00e9clamations sont en fait dirig\u00e9es contre le Gouvernement du Belize, car ce sont les actions et les politiques de ce dernier dont se plaignent les demandeurs dans la pr\u00e9sente proc\u00e9dure.<\/p>\n<p>11. Il faut dire que la D\u00e9fense initialement d\u00e9pos\u00e9e le 4 juin 2007 dans cette proc\u00e9dure \u00e9tait pour le moins laconique et laconique et constituait presque un aveu de la th\u00e8se des demandeurs. Il manquait des d\u00e9tails qui permettraient aux demandeurs de savoir pourquoi leurs demandes faisaient l&#039;objet d&#039;une r\u00e9sistance. Je l&#039;ai signal\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises au cours de l&#039;audience \u00e0 Mme Nicola Cho, l&#039;\u00e9minente avocate des accus\u00e9s. Finalement, le dernier jour de l&#039;audience, le 21 juin 2006, avec l&#039;autorisation du tribunal et sans objection de Mme Antoinette Moore, l&#039;avocate des demandeurs, une d\u00e9fense plus substantielle a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9e. J&#039;ai accord\u00e9 cette autorisation dans l&#039;int\u00e9r\u00eat de la justice, mais plus encore \u00e0 la lumi\u00e8re du fait que les parties s&#039;\u00e9taient entendues sur les questions \u00e0 aborder dans cette proc\u00e9dure. Nous en parlerons plus tard sur la D\u00e9fense.<\/p>\n<p>12. Questions convenues par les parties<\/p>\n<p>1. Existe-t-il, dans le sud du Belize, un r\u00e9gime foncier coutumier maya.<\/p>\n<p>2. Si les membres des villages de Conejo et de Santa Cruz ont des int\u00e9r\u00eats fonciers bas\u00e9s sur le r\u00e9gime foncier coutumier maya et, si tel est le cas, la nature de ces int\u00e9r\u00eats.<\/p>\n<p>3. Si les membres des villages de Conejo et Santa Cruz ont des int\u00e9r\u00eats fonciers bas\u00e9s sur le r\u00e9gime foncier coutumier maya\u00a0:<\/p>\n<p>a) Si ces int\u00e9r\u00eats constituent une \u00ab propri\u00e9t\u00e9 \u00bb prot\u00e9g\u00e9e par les articles 3(d) et 17 de la Constitution.<br \/>\nb) Si des actes et omissions du gouvernement violent les droits de propri\u00e9t\u00e9 des demandeurs \u00e9nonc\u00e9s aux articles 3(d) et 17 de la Constitution du Belize.<\/p>\n<p>c) Si des actes et omissions du gouvernement violent le droit des demandeurs \u00e0 l&#039;\u00e9galit\u00e9 garanti par les articles 3 et 16 de la Constitution.<\/p>\n<p>d) Si des actes et omissions du gouvernement violent les droits des demandeurs \u00e0 la vie, \u00e0 la libert\u00e9, \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 de la personne et \u00e0 la protection de la loi garantis par les articles 3(a) et 4 de la Constitution.<\/p>\n<p>13. La preuve<\/p>\n<p>Chaque partie a d\u00e9pos\u00e9 de nombreux affidavits et de volumineuses pi\u00e8ces \u00e0 conviction, treize par les demandeurs, en plus de cinq rapports d&#039;experts sous affidavits, toujours accompagn\u00e9s de pi\u00e8ces \u00e0 conviction\u00a0; tandis que les d\u00e9fendeurs ont d\u00e9pos\u00e9 au total neuf affidavits accompagn\u00e9s de pi\u00e8ces \u00e0 conviction. Les demandeurs ont \u00e9galement appel\u00e9 neuf t\u00e9moins qui, en plus de leurs affidavits, ont t\u00e9moign\u00e9 de vive voix et ont tous \u00e9t\u00e9 contre-interrog\u00e9s par Mme Cho pour les d\u00e9fendeurs, \u00e0 l&#039;exception d&#039;Elizabeth Gage qui a pr\u00e9sent\u00e9 une vid\u00e9o tourn\u00e9e par elle-m\u00eame et George Gage.<\/p>\n<p>14. Il ressort clairement des \u00e9l\u00e9ments de preuve pr\u00e9sent\u00e9s dans cette affaire que les communaut\u00e9s mayas du district de Tol\u00e8de, parmi lesquelles figurent les demandeurs actuels, n&#039;ont pas \u00e9t\u00e9 tout \u00e0 fait indiff\u00e9rentes \u00e0 leurs revendications de droits d&#039;occuper, de chasser, de p\u00eacher et d&#039;utiliser autrement les zones situ\u00e9es dans le district de Tol\u00e8de. District traditionnellement d\u00e9tenu par les Mayas conform\u00e9ment \u00e0 leur r\u00e9gime foncier coutumier, \u00e0 la common law et au droit international pertinent.<\/p>\n<p>15. En fait, le 3 d\u00e9cembre 1996, le Conseil culturel maya de Tol\u00e8de (TMCC) et l&#039;Association des Alcaldes de Tol\u00e8de ont d\u00e9pos\u00e9 devant ce tribunal une requ\u00eate en r\u00e9paration constitutionnelle, tr\u00e8s proche en substance de la pr\u00e9sente demande. Mais pour une raison inexplicable, cette action n&#039;a jamais \u00e9t\u00e9 pleinement entendue ni conclue \u2013 voir l&#039;action n\u00b0 510 de 1996 \u2013 Conseil culturel maya de Toledo contre le procureur g\u00e9n\u00e9ral du Belize.<\/p>\n<p>16. Malheureusement, le sort de cette action semble inimaginable. Il semble avoir simplement et inexplicablement disparu hors de vue.<\/p>\n<p>17. Intr\u00e9pide et n&#039;obtenant pas de r\u00e9ponse satisfaisante \u00e0 ses r\u00e9clamations de la part des tribunaux du Belize, le Conseil culturel maya de Toledo, au nom des communaut\u00e9s autochtones mayas du district de Toledo, a lanc\u00e9 le 7 ao\u00fbt 1998 une p\u00e9tition adress\u00e9e \u00e0 la Commission interam\u00e9ricaine. sur les droits de l&#039;homme.<\/p>\n<p>18. Il faut dire que, d&#039;apr\u00e8s les \u00e9l\u00e9ments de preuve, tant l&#039;action de la Cour supr\u00eame n\u00b0 510 de 1996 que la requ\u00eate adress\u00e9e \u00e0 la Commission interam\u00e9ricaine des droits de l&#039;homme ont \u00e9t\u00e9 motiv\u00e9es par les concessions foresti\u00e8res et les licences d&#039;exploration p\u00e9troli\u00e8re que le gouvernement du Belize avait accord\u00e9es au cours de l&#039;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente. milieu des ann\u00e9es 1990 sur certaines parties du district de Toledo\u00a0: voir de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale l&#039;affidavit conjoint de Gregorio Choc, Cristina Coc et Martin Chen du 3 avril 2007, auquel sont annex\u00e9s, entre autres, la p\u00e9tition \u00e0 la Commission interam\u00e9ricaine et le rapport de la Commission dans l&#039;affaire Communaut\u00e9s autochtones mayas du district de Toledo contre Belize, en date du 12 octobre 2004.<\/p>\n<p>19. La Commission interam\u00e9ricaine des droits de l&#039;homme a rendu son rapport n\u00b0 40\/04 dans l&#039;affaire 12.053, sur le fond, le 12 octobre 2004.<\/p>\n<p>20. Les d\u00e9fendeurs ont cependant, dans les observations \u00e9crites de leur savant avocat, fait objection \u00e0 ce rapport dans les termes de celle-ci\u00a0:<br \/>\n\u00ab Le tribunal ne peut pas simplement adopter les conclusions de fait et de droit tir\u00e9es dans une autre affaire sans rapport avec une violation all\u00e9gu\u00e9e des dispositions de la Constitution. La requ\u00eate adress\u00e9e \u00e0 la Commission concernait des violations pr\u00e9sum\u00e9es des articles I, II, III, VI, XI, XVIII, XX et XXIII de la D\u00e9claration am\u00e9ricaine des droits et devoirs de l&#039;homme, qui est un trait\u00e9 international. Si le tribunal devait simplement adopter les conclusions de la Commission sans rien de plus (sic), cela l\u2019obligerait \u00e0 appliquer un trait\u00e9 international et tomberait clairement dans les limites de l\u2019irjusticabilit\u00e9 (sic) \u00bb.<\/p>\n<p>21. Bien entendu, la pr\u00e9sente proc\u00e9dure ne vise pas \u00e0 faire appliquer les conclusions de la Commission interam\u00e9ricaine des droits de l\u2019homme dans cette affaire. La pr\u00e9sente proc\u00e9dure concerne plut\u00f4t des r\u00e9clamations relatives \u00e0 des violations pr\u00e9sum\u00e9es de certaines dispositions relatives aux droits de l&#039;homme de la Constitution du Belize et \u00e0 certaines mesures et ordonnances d\u00e9claratoires. Cependant, la Commission interam\u00e9ricaine des droits de l&#039;homme est l&#039;organisme r\u00e9gional charg\u00e9 de promouvoir et de faire progresser les droits de l&#039;homme dans la r\u00e9gion et de surveiller le respect par les \u00c9tats de leurs engagements juridiques en vertu de la Charte de l&#039;Organisation des \u00c9tats am\u00e9ricains (OEA). Le Belize, en tant que membre de l&#039;OEA, est donc partie \u00e0 la D\u00e9claration am\u00e9ricaine des droits et devoirs de l&#039;homme qui, comme l&#039;a soulign\u00e9 \u00e0 juste titre Mme Cho, est un trait\u00e9 international. Et ce trait\u00e9 rel\u00e8ve de la comp\u00e9tence de la Commission.<\/p>\n<p>22. Je suis donc d\u2019avis que m\u00eame si les constatations, conclusions et d\u00e9clarations de la Commission ne peuvent pas lier cette Cour, je ne peux gu\u00e8re les ignorer\u00a0: et je peux m\u00eame les trouver, lorsqu\u2019elles sont appropri\u00e9es et convaincantes, convaincantes. C\u2019est donc sous cet angle que je suis, avec respect, enclin \u00e0 consid\u00e9rer le rapport de la Commission dans l\u2019affaire Communaut\u00e9s autochtones mayas du district de Toledo c. Belize \u2013 Rapport n\u00b0 40\/04 du 12 octobre 2004, dans la d\u00e9termination du questions agit\u00e9es par la pr\u00e9sente proc\u00e9dure. J&#039;en viens maintenant \u00e0 l&#039;examen de ces questions.<\/p>\n<p>23. 1. Existe-t-il dans le sud du Belize un r\u00e9gime foncier coutumier maya ?<\/p>\n<p>\nL&#039;argument principal des demandeurs est leur affirmation selon laquelle il existe dans le district de Toledo, au sud du Belize, un syst\u00e8me foncier coutumier maya selon lequel, en tant que membres des villages de Santa Cruz et Conejo respectivement, ils ont droit aux terres qu&#039;ils occupent et utilisent comme leurs anc\u00eatres avant eux, et que cette forme de tenure est ou devrait \u00eatre une forme de propri\u00e9t\u00e9 reconnaissable en droit et, comme toute autre forme de propri\u00e9t\u00e9, m\u00e9rite la protection constitutionnelle accord\u00e9e par le Belize Constitution \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>24. Les d\u00e9fendeurs, en revanche, nient cat\u00e9goriquement que les demandeurs d\u00e9tiennent un quelconque titre coutumier sur les terres qu&#039;ils revendiquent parce qu&#039;ils (c&#039;est-\u00e0-dire les demandeurs) sont : a) \u00ab incapables de prouver que les exigences de la common law en mati\u00e8re de preuves d&#039;appartenance aborig\u00e8ne\/indig\u00e8ne\/ titre autochtone sur la terre, c&#039;est-\u00e0-dire que leurs anc\u00eatres occupaient exclusivement et continuellement le sud du Belize, y compris Conejo et Santa Cruz, \u00e0 l&#039;\u00e9poque de la souverainet\u00e9 britannique \u00bb\u00a0; et que b) \u00ab les demandeurs sont incapables de prouver qu&#039;ils poss\u00e8dent un quelconque titre foncier en vertu d&#039;une loi et d&#039;une coutume traditionnelles reconnues par le peuple maya \u2013 c&#039;est-\u00e0-dire le syst\u00e8me Alcalde \u00bb.<\/p>\n<p>25. \u00c0 mon avis, je pense qu&#039;il est salutaire de garder \u00e0 l&#039;esprit, lorsqu&#039;il s&#039;agit de d\u00e9terminer l&#039;existence m\u00eame d&#039;un r\u00e9gime coutumier ou d&#039;un titre foncier, la prudence \u00e9mise par le vicomte Haldane au Conseil priv\u00e9 dans l&#039;affaire Amodu Tijani c. Nig\u00e9ria (1921) 2 AC 399\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab \u2026 dans l\u2019interpr\u00e9tation du titre foncier autochtone, non seulement dans le sud du Nigeria, mais dans d\u2019autres parties de l\u2019Empire britannique, une grande prudence s\u2019impose. Il existe une tendance, parfois inconsciemment, \u00e0 exprimer conceptuellement le titre en termes uniquement aux syst\u00e8mes qui se sont d\u00e9velopp\u00e9s sous le droit anglais. Mais cette tendance doit \u00eatre \u00e9troitement contr\u00f4l\u00e9e \u00bb aux pp. 402 et 403.<\/p>\n<p>Dans l&#039;affaire Tijani, Leurs Seigneuries ont ajout\u00e9 ce qui suit\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab En Inde, comme dans le sud du Nigeria, il y a encore un autre aspect de la nature fondamentale du titre foncier qu\u2019il faut garder \u00e0 l\u2019esprit. Le titre, tel qu&#039;il est, n&#039;est peut-\u00eatre pas celui de l&#039;individu\u2026 il l&#039;est presque toujours sous une certaine forme, mais il peut \u00eatre celui d&#039;une communaut\u00e9. Une telle communaut\u00e9 peut avoir le titre possessoire de la jouissance commune d&#039;un usufruit, avec des coutumes selon lesquelles ses membres individuels sont admis \u00e0 la jouissance, et m\u00eame le droit de transmettre la jouissance individuelle comme membres par cession entre vifs ou succession. Pour d\u00e9terminer dans quelle mesure ce dernier d\u00e9veloppement du droit a progress\u00e9, il faut \u00e9tudier l&#039;histoire de la communaut\u00e9 particuli\u00e8re et ses usages dans chaque cas. Les principes abstraits fa\u00e7onn\u00e9s a priori ne sont que de peu d\u2019utilit\u00e9 et sont le plus souvent trompeurs \u00bb pp. 403 et 404. (C\u2019est nous qui soulignons).<\/p>\n<p>26. L&#039;\u00e9tude de l&#039;histoire d&#039;une communaut\u00e9 particuli\u00e8re et de ses usages, que le Conseil priv\u00e9 a d\u00e9crite dans l&#039;affaire Tijani supra comme \u00e9tant n\u00e9cessaire pour v\u00e9rifier le d\u00e9veloppement et le progr\u00e8s des droits autochtones ou coutumiers autochtones sur la terre, je trouve qu&#039;elle est particuli\u00e8rement pertinente dans ce contexte. cas. Outre les t\u00e9moignages de t\u00e9moins membres des communaut\u00e9s mayas du sud du Belize, les demandeurs ont \u00e9galement pr\u00e9sent\u00e9 en preuve les affidavits et les rapports de t\u00e9moins non mayas \u00e9minemment qualifi\u00e9s dans le vaste domaine des \u00e9tudes mayas. Ces t\u00e9moins connaissent l&#039;histoire, l&#039;ethnographie, les coutumes et les usages des Mayas. C&#039;est-\u00e0-dire qu&#039;ils sont des t\u00e9moins experts.<\/p>\n<p>27. Les accus\u00e9s, pour leur part, se sont appuy\u00e9s uniquement sur les d\u00e9clarations sous serment d\u2019agents publics, dont aucun, avec \u00e9gards, ne pouvait revendiquer une quelconque expertise dans l\u2019histoire, la culture, la sociologie ou l\u2019utilisation des terres et les coutumes mayas. M\u00eame s\u2019il existe une certaine reconnaissance du \u00ab droit des personnes aux terres qu\u2019elles occupent depuis des ann\u00e9es sans \u00eatre perturb\u00e9es (dans le cas des terres nationales, pendant une p\u00e9riode de 30 ans) et que les personnes d\u2019origine maya du district de Tol\u00e8de peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme telles \u00bb (paragraphe 9 du premier affidavit de M. Ismael Fabro), les d\u00e9fendeurs nient cependant r\u00e9solument le droit des demandeurs, comme le poursuit M. Fabro dans le m\u00eame paragraphe comme suit\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab \u2026 le gouvernement ne consid\u00e8re pas que l&#039;ensemble de la population maya du sud du Belize vivant dans les communaut\u00e9s indiqu\u00e9es dans l&#039;Atlas Maya ou dans toute autre communaut\u00e9 puisse \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme telle. Plus important encore, le gouvernement n&#039;accepte pas que la population maya ou une partie de celle-ci du sud du Belize ait un \u00ab titre autochtone \u00bb sur les terres revendiqu\u00e9es dans l&#039;Atlas Maya comme \u00e9tant la patrie maya.<\/p>\n<p>M. Fabro a ensuite pr\u00e9sent\u00e9 sous serment des copies de divers livres d&#039;histoire sur les anciens Mayas et le peuple maya d&#039;aujourd&#039;hui, y compris ceux vivant au Belize.<\/p>\n<p>Je constate cependant que nulle part dans les textes invoqu\u00e9s, aucune d\u00e9claration ou affirmation de la non-existence du r\u00e9gime foncier coutumier maya dans le sud du Belize.<\/p>\n<p>28. La charge de la preuve de l&#039;existence d&#039;un r\u00e9gime foncier coutumier dans le sud du Belize incombe bien entendu aux demandeurs qui affirment ainsi qu&#039;il existe. Selon les requ\u00e9rants, les mod\u00e8les d&#039;utilisation des terres mayas sont r\u00e9gis par un syst\u00e8me de r\u00e8gles coutumi\u00e8res non \u00e9crites qui font partie de l&#039;organisation sociale, culturelle et politique de leurs communaut\u00e9s.<br \/>\n29. Afin d&#039;\u00e9tayer leur cause, les demandeurs ont pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 la Cour un ensemble impressionnant de preuves sous la forme d&#039;affidavits et de rapports d&#039;experts : voir par exemple le premier affidavit d&#039;Aurelio Cal et Manuel Coy d\u00e9pos\u00e9 le 3 avril 2007. ; ainsi que l&#039;affidavit conjoint de Gregorio Choc, Cristina Coc et Martin Chen. Tous ces affidavits d\u00e9crivent comment les mod\u00e8les d&#039;utilisation des terres mayas issus de leurs pratiques coutumi\u00e8res permettent aux membres des communaut\u00e9s mayas de s&#039;adonner \u00e0 leur activit\u00e9 principale : l&#039;agriculture. Je reproduis ici les paragraphes 19 \u00e0 28 de l&#039;affidavit conjoint de Choc, Coc et Chen donnant le contexte du peuple Maya du district de Tol\u00e8de et ses pratiques coutumi\u00e8res li\u00e9es \u00e0 la terre\u00a0:<\/p>\n<p>\u00abContexte du peuple maya du district de Tol\u00e8de et de nos pratiques coutumi\u00e8res li\u00e9es \u00e0 la terre<\/p>\n<p>19. Le peuple maya habite depuis des temps imm\u00e9moriaux une vaste r\u00e9gion comprenant le district de Toledo, au sud du Belize. Le peuple Maya habitait le sud du Belize et les r\u00e9gions environnantes bien avant l&#039;arriv\u00e9e des Espagnols et bien avant l&#039;installation des Britanniques dans la r\u00e9gion en 1850. Le sous-groupe Mopan Maya \u00e9tait les principaux habitants de la r\u00e9gion aujourd&#039;hui connue sous le nom de district de Toledo entre le XVIe et le XVIIIe si\u00e8cle. , et le sous-groupe Maya Q-eqchi-Q&#039;eqchi\/Chol se sont d\u00e9plac\u00e9s dans et hors de la r\u00e9gion bien avant les migrations bien connues du Guatemala \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle.<\/p>\n<p>20. Le village de Santa Cruz est l&#039;une des quelque trente-huit communaut\u00e9s mayas qui occupent actuellement des terres dans le district de Toledo. Ces communaut\u00e9s font partie du plus grand peuple indig\u00e8ne maya de M\u00e9so-Am\u00e9rique.<\/p>\n<p>21. Les institutions de gouvernance traditionnelles mayas ont \u00e9volu\u00e9 au fil des si\u00e8cles. Nous avons toujours eu un chef de village \u00e9lu dans chaque village qui supervise les affaires communautaires en coordination avec d&#039;autres dirigeants. M\u00eame si les valeurs centrales qui sous-tendent nos relations les uns avec les autres et avec la terre ont \u00e9t\u00e9 maintenues, nos syst\u00e8mes de gouvernance maya se sont adapt\u00e9s au fil du temps, \u00e0 la fois volontairement et \u00e0 la suite d&#039;une imposition coercitive, pour permettre la coexistence avec les cultures europ\u00e9ennes qui se sont install\u00e9es. dans la zone. Actuellement, les alcaldes des quelque trente-huit villages mayas du district de Tol\u00e8de sont organis\u00e9s au sein de l&#039;Association des alcaldes de Tol\u00e8de, qui est un groupe membre du MLA.<\/p>\n<p>22. Nos mod\u00e8les d&#039;utilisation des terres sont r\u00e9gis par un syst\u00e8me de r\u00e8gles et de valeurs coutumi\u00e8res pour la plupart non \u00e9crites qui font partie de l&#039;organisation sociale, culturelle et politique de nos communaut\u00e9s. Nos mod\u00e8les d\u2019utilisation et d\u2019occupation des terres et des ressources naturelles sont fa\u00e7onn\u00e9s par ce syst\u00e8me de r\u00e8gles coutumi\u00e8res. Dans le cadre de ce syst\u00e8me foncier traditionnel, les villages mayas d\u00e9tiennent la terre collectivement, tandis que les individus et les familles jouissent de droits d\u00e9riv\u00e9s et subsidiaires d&#039;utilisation et d&#039;occupation.<\/p>\n<p>23. Nous pensons que ces droits coutumiers mayas ont le m\u00eame droit moral et juridique \u00e0 respecter que les droits de propri\u00e9t\u00e9 reconnus par la common law britannique et le r\u00e9gime statutaire b\u00e9lizien. Les mod\u00e8les d&#039;utilisation des terres mayas sont d\u00e9crits plus en d\u00e9tail dans les affidavits du demandeur, des t\u00e9moins et des experts soumis avec cette r\u00e9clamation.<\/p>\n<p>24. Des zones concentriques d&#039;utilisation des terres entourent chacun des villages mayas dispers\u00e9s dans l&#039;int\u00e9rieur du district de Tol\u00e8de. La zone villageoise est la zone o\u00f9 les habitations sont regroup\u00e9es et o\u00f9 les villageois cultivent des arbres fruitiers et autres et font pa\u00eetre le b\u00e9tail ; il s&#039;\u00e9tend g\u00e9n\u00e9ralement jusqu&#039;\u00e0 deux kilom\u00e8tres carr\u00e9s.<\/p>\n<p>25. Au-del\u00e0 de la zone villageoise se trouve la principale zone agricole o\u00f9 les cultures sont plant\u00e9es selon un syst\u00e8me de rotation. Nos pratiques agricoles s&#039;appuient sur des techniques de gestion traditionnelles d\u00e9velopp\u00e9es \u00e0 partir d&#039;un r\u00e9servoir de connaissances sur la for\u00eat et ses sols. Nous utilisons un syst\u00e8me de rotation de jach\u00e8res longues qui n\u00e9cessite que de vastes zones foresti\u00e8res restent intactes pendant des ann\u00e9es. Bien que certaines zones fertiles soient cultiv\u00e9es en permanence, la plupart des champs ne sont d\u00e9frich\u00e9s que tous les huit \u00e0 quinze ans, cultiv\u00e9s en rotation, puis laiss\u00e9s en jach\u00e8re et se r\u00e9g\u00e9n\u00e8rent jusqu&#039;au prochain d\u00e9frichement. La zone agricole de chaque village peut s&#039;\u00e9tendre jusqu&#039;\u00e0 dix kilom\u00e8tres du centre du village.<\/p>\n<p>26. La zone suivante comprend de vastes \u00e9tendues de terres foresti\u00e8res utilis\u00e9es pour la chasse et la cueillette. Ces activit\u00e9s nous fournissent une subsistance suppl\u00e9mentaire. Les produits forestiers r\u00e9colt\u00e9s \u00e0 des fins alimentaires et m\u00e9dicinales comprennent de nombreuses esp\u00e8ces de plantes sauvages. Nous d\u00e9pendons \u00e9galement de la for\u00eat pour les mat\u00e9riaux de construction de nos maisons et autres structures.<\/p>\n<p>27. Diff\u00e9rents villages partagent \u00e9galement souvent l&#039;usage de certaines zones pour la chasse, la p\u00eache et la cueillette. Certaines zones d&#039;usage partag\u00e9 peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es par la coutume maya comme appartenant principalement \u00e0 un village particulier, et donc ce village contr\u00f4le en fin de compte qui peut cultiver et s&#039;installer dans la r\u00e9gion.<\/p>\n<p>28. Au sein des villages mayas, les communaut\u00e9s r\u00e9gulent la croissance d\u00e9mographique et maintiennent la coh\u00e9sion sociale et culturelle gr\u00e2ce \u00e0 la prise de d\u00e9cisions collectives concernant l&#039;installation de nouvelles familles. L\u2019utilisation des terres du village par les individus et les familles est r\u00e9glement\u00e9e par la coutume sous l\u2019autorit\u00e9 de l\u2019alcade \u00e9lu, du pr\u00e9sident du village et des villageois collectivement.<\/p>\n<p>30. Les demandeurs s\u2019appuient \u00e9galement sur les affidavits et les rapports de personnes qui sont sans aucun doute des experts en histoire, ethnographie, culture, r\u00e9gime foncier et modes d\u2019utilisation des terres mayas. Ces t\u00e9moins ont, gr\u00e2ce \u00e0 divers travaux de terrain, recherches et \u00e9tudes de documents d&#039;archives et de livres publi\u00e9s, acquis une connaissance approfondie du peuple maya, telle qu&#039;ils pourraient \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme des t\u00e9moins experts.<\/p>\n<p>31. Il y a d&#039;abord le professeur Richard R. Wilk, professeur ordinaire d&#039;anthropologie \u00e0 l&#039;Universit\u00e9 d&#039;Indiana \u00e0 Bloomington, Indiana, \u00c9tats-Unis. Il d\u00e9clare aux paragraphes 2 et 3 de sa premi\u00e8re d\u00e9claration sous serment du 3 avril 2007 ce qui suit :<\/p>\n<p>\u00ab 2. Mon travail s&#039;est particuli\u00e8rement concentr\u00e9 sur l&#039;utilisation des terres et la subsistance parmi les Kekchi (\u00e9galement connus sous les noms de Q&#039;eqchi&#039;, K&#039;ekchi&#039; et Ketchi) Am\u00e9rindiens du sud du Belize. J&#039;ai men\u00e9 des recherches arch\u00e9ologiques et ethnographiques sur le terrain dans le district de Tol\u00e8de en 1976, 1979 \u2013 1981, 1984 et 1990, et j&#039;ai \u00e9galement effectu\u00e9 de nombreuses recherches d&#039;archives historiques sur l&#039;utilisation des terres et l&#039;habitat \u00e0 Tol\u00e8de au cours des ann\u00e9es interm\u00e9diaires et en 2001 et 2002. Pendant que je travaillais pour l&#039;Agence des \u00c9tats-Unis pour le d\u00e9veloppement international au Belize, j&#039;ai \u00e9tudi\u00e9 l&#039;utilisation des terres, le d\u00e9veloppement des routes et les ressources foresti\u00e8res dans le sud du Belize (y compris le district de Toledo), dans le cadre du projet de r\u00e9habilitation des routes rurales men\u00e9 par le minist\u00e8re des Travaux publics. du gouvernement du Belize.<\/p>\n<p>3. Je connais presque toutes les sources publi\u00e9es sur l&#039;histoire, l&#039;\u00e9conomie et l&#039;ethnographie du district de Tol\u00e8de, y compris les travaux sur les Kekchi, les Mopan (\u00e9galement appel\u00e9s Maya), les Garifuna (\u00e9galement appel\u00e9s Garinagu, Caribs et Black Caribs), les Indiens de l&#039;Est et les Population cr\u00e9ole de la r\u00e9gion. Cet affidavit est bas\u00e9 sur des sources publi\u00e9es et non publi\u00e9es, dont la plupart sont cit\u00e9es dans mon livre de 1991 et ma th\u00e8se de doctorat (1981) ; des sources plus r\u00e9centes sont cit\u00e9es directement dans cet affidavit.<\/p>\n<p>\n32. Sp\u00e9cifiquement sur l\u2019utilisation des terres et le syst\u00e8me foncier maya, le professeur Wilk d\u00e9clare ce qui suit\u00a0:<\/p>\n<p>\u00abL&#039;utilisation des terres et le syst\u00e8me foncier maya<\/p>\n<p>48. Au moment de la conqu\u00eate espagnole, les Kekchi \u00e9taient des agriculteurs intensifs qui cultivaient selon un syst\u00e8me de champ int\u00e9rieur-champ ext\u00e9rieur, qui combinait des champs int\u00e9rieurs cultiv\u00e9s en permanence (fortement fum\u00e9s, souvent irrigu\u00e9s et parfois en terrasses) avec une s\u00e9rie de champs ext\u00e9rieurs en jach\u00e8re de quatre \u00e0 quatre. 10 ans en fonction de la densit\u00e9 de population locale. Le passage de ce syst\u00e8me \u00e0 une culture itin\u00e9rante plus extensive a probablement eu lieu lors du d\u00e9peuplement drastique provoqu\u00e9 par les maladies introduites par les Espagnols au XVIe si\u00e8cle, qui ont d\u00e9truit le tissu \u00e9conomique et le syst\u00e8me de travail domestique qui \u00e9taient essentiels au syst\u00e8me champ int\u00e9rieur-champ ext\u00e9rieur. Lorsque la population croissante des Kekchi au XIXe si\u00e8cle a recommenc\u00e9 \u00e0 intensifier son agriculture en cultivant des vergers et des cultures commerciales comme le caf\u00e9 et le cacao, elle a \u00e9t\u00e9 une fois de plus contrainte de revenir \u00e0 l&#039;agriculture itin\u00e9rante par l&#039;expropriation des terres du village et la perturbation de l&#039;organisation du travail communautaire. malgr\u00e9 le travail forc\u00e9 et l&#039;esclavage dans les plantations de caf\u00e9 (Wilk 1991). Les informations sur l\u2019agriculture pr\u00e9hispanique Mopan font d\u00e9faut ; bien que, compte tenu des cultures et de la d\u00e9mographie communes, il est probable qu&#039;ils utilisaient des syst\u00e8mes tr\u00e8s similaires \u00e0 ceux des Kekchi. On en sait encore moins sur le syst\u00e8me agricole pr\u00e9hispanique Manche Chol, qui a finalement fusionn\u00e9 avec celui utilis\u00e9 par les Mopan et les Kekchi.<\/p>\n<p>49. Aujourd&#039;hui, une partie de l&#039;utilisation des terres des Kekchi et Mopan dans le district de Toledo est li\u00e9e \u00e0 leur production alimentaire ainsi qu&#039;\u00e0 la chasse et \u00e0 la cueillette d&#039;autres ressources pour leur propre subsistance. L&#039;ensemble de la r\u00e9gion foresti\u00e8re du district de Toledo, y compris les rivi\u00e8res et les ruisseaux, a \u00e9t\u00e9 intensivement utilis\u00e9 pour la chasse, la p\u00eache et la collecte de ressources foresti\u00e8res par les peuples Mopan et Kekchi depuis la fermeture des domaines Cramer en 1914 et la dispersion de leur population pour former de nouveaux villages, et probablement beaucoup plus longtemps. Des superficies plus petites ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es pour l\u2019agriculture pendant une p\u00e9riode de temps \u00e9gale. \u00c0 mesure que la population maya du district a augment\u00e9 au cours de ce si\u00e8cle, la superficie utilis\u00e9e pour l&#039;agriculture s&#039;est consid\u00e9rablement \u00e9tendue. Les zones non utilis\u00e9es pour l&#039;agriculture ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es pour la p\u00eache, la chasse et la cueillette (comme d\u00e9taill\u00e9 ci-dessous).<\/p>\n<p>50. Les peuples Kekchi et Mopan sont tous deux des agriculteurs de subsistance qui utilisent un syst\u00e8me de rotation de jach\u00e8re longue (\u00e9galement connu sous le nom de syst\u00e8me milpa, ou \u00ab culture sur br\u00fblis \u00bb) pour cultiver du ma\u00efs et du riz pendant la saison des pluies. Pendant la saison s\u00e8che, ils cultivent des champs permanents situ\u00e9s dans des sols fertiles et humides situ\u00e9s dans les vall\u00e9es et sur les berges des rivi\u00e8res. Ils cultivent \u00e9galement des arbres permanents (principalement des fruits, du cacao et du caf\u00e9), des l\u00e9gumes, des plantains, des plantes-racines, des haricots et une grande vari\u00e9t\u00e9 d&#039;autres plantes destin\u00e9es \u00e0 l&#039;usage domestique. Le riz, les haricots, le cacao et quelques autres cultures sont cultiv\u00e9s pour la vente au comptant. Les gens \u00e9l\u00e8vent \u00e9galement du petit b\u00e9tail et de la volaille ; les porcs constituent la principale source de viande domestique, m\u00eame si certaines personnes font \u00e9galement pa\u00eetre de petits troupeaux de bovins dans les clairi\u00e8res foresti\u00e8res.<\/p>\n<p>51. Tout litige concernant la d\u00e9limitation des terres agricoles ou d&#039;autres droits fonciers sera port\u00e9 devant l&#039;Alcalde du village et\/ou une r\u00e9union de la communaut\u00e9 dans son ensemble pour r\u00e9solution. En fait, tr\u00e8s peu de conflits surviennent dans le cadre du syst\u00e8me coutumier de gestion des terres. Ceux qui surviennent sont g\u00e9n\u00e9ralement r\u00e9solus au sein du village. Ce n\u2019est pas seulement impressionnant en termes de participation civique, mais cela permet \u00e9galement au gouvernement b\u00e9lizien d\u2019\u00e9conomiser des investissements financiers dans le syst\u00e8me judiciaire de l\u2019\u00c9tat.<\/p>\n<p>52. Le mod\u00e8le d&#039;utilisation des terres d\u00e9crit ici a \u00e9t\u00e9 document\u00e9 par des ethnographes parmi les Kekchi (Wilk 1991, 1981), les Mopan (Osborn 1982) et les Kekchi Mopan mixtes (Howard 1973, 1974, 1975, 1977) au cours des ann\u00e9es 1970 et 1980. Son utilisation continue et son autorit\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9es par une enqu\u00eate approfondie men\u00e9e par Bernard Neitschmann (1999) \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1990. Cela remonte au moins \u00e0 1914, mais probablement beaucoup plus t\u00f4t. Nous savons qu&#039;au moment de la conqu\u00eate espagnole, les Kekchi vivaient dans des colonies dirig\u00e9es par des dirigeants locaux charg\u00e9s de l&#039;attribution des terres \u00e0 l&#039;agriculture ainsi que du leadership politique. Ces fonctions h\u00e9r\u00e9ditaires ont peut-\u00eatre fonctionn\u00e9 de mani\u00e8re tr\u00e8s similaire \u00e0 l&#039;institution moderne du village d&#039;Alcalde avec son conseil de conseillers a\u00een\u00e9s. Des connaissances plus d\u00e9taill\u00e9es sur le syst\u00e8me pr\u00e9hispanique de r\u00e9gime foncier et d\u2019organisation politique font d\u00e9faut.<br \/>\n53. Le syst\u00e8me coutumier de gestion fonci\u00e8re des Kekchi et Mopan repose sur le concept de droits d&#039;usufruit, ce qui signifie que la terre appartient \u00e0 ceux qui l&#039;utilisent. Au Belize, il est courant que les agriculteurs mayas aient des droits relativement permanents sur un champ pour les cultures de saison s\u00e8che, par rapport aux droits \u00e0 long terme de retourner dans les zones en jach\u00e8re pour les cultures de saison humide. Chaque village dispose d&#039;un ensemble \u00e9labor\u00e9 de r\u00e8gles et de r\u00e9glementations, certaines \u00e9crites et d&#039;autres coutumi\u00e8res, pour r\u00e9glementer les droits d&#039;utilisation des terres et le r\u00e9gime foncier sur le territoire communautaire. Ces r\u00e8gles r\u00e9pondent \u00e0 la pression d\u00e9mographique sur les ressources ; la r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale est que les individus sont autoris\u00e9s \u00e0 revendiquer la propri\u00e9t\u00e9 des terres agricoles par droit de premier usage, mais ils doivent continuer \u00e0 utiliser une parcelle de terre ou une ressource, sinon ces droits expireront et la propri\u00e9t\u00e9 reviendra alors \u00e0 la communaut\u00e9 pour redistribution ( de tels syst\u00e8mes fonciers sont courants dans les zones \u00e0 faible densit\u00e9 de population qui pratiquent l&#039;agriculture itin\u00e9rante, voir Netting 1993). Dans les villages \u00e0 tr\u00e8s forte densit\u00e9 de population, presque chaque acre est revendiqu\u00e9 comme propri\u00e9t\u00e9 personnelle.<\/p>\n<p>60. Ainsi, les familles peuvent revendiquer et conserver des parcelles pendant de longues p\u00e9riodes selon un arrangement qui s&#039;apparente \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e. Cependant, le gouvernement du village interviendrait si quelqu&#039;un en dehors du village tentait d&#039;acheter l&#039;une de ces parcelles. Dans le syst\u00e8me coutumier de gestion fonci\u00e8re des Kekchi et Mopan Maya, les droits d&#039;usufruit des m\u00e9nages ne permettent pas aux agriculteurs individuels de vendre une seule parcelle de terre. Comme le d\u00e9montre Neitschmann (1999\u00a0: 9), cette norme contre la marchandisation des terres reste extr\u00eamement forte. L&#039;Alcalde seul ne pouvait pas autoriser le transfert de terres \u00e0 des \u00e9trangers, car dans la vision Kekchi et Mopan du leadership communautaire, un bon Alcalde ne dicte pas ses propres d\u00e9cisions, mais agit plut\u00f4t comme porte-parole de la volont\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale des familles du village. En d\u2019autres termes, le syst\u00e8me coutumier maya de gestion des terres combine un m\u00e9lange de droits d\u2019usage quasi-priv\u00e9s dans le cadre d\u2019une prise de d\u00e9cision collective.<\/p>\n<p>66. M\u00eame \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la zone foresti\u00e8re, les r\u00e8gles coutumi\u00e8res d\u2019utilisation des terres des Kekchi et des Mopan reconnaissent divers droits sur diff\u00e9rents types de propri\u00e9t\u00e9. Comme nous l&#039;avons d\u00e9j\u00e0 not\u00e9, les bosquets d&#039;arbres Pom (copal, Procium copao) de la for\u00eat primaire sont r\u00e9guli\u00e8rement exploit\u00e9s pour produire une r\u00e9sine parfum\u00e9e tr\u00e8s demand\u00e9e pour les services religieux. Ces bosquets d&#039;arbres appartiennent aux individus qui les ont d\u00e9couverts les premiers, ou \u00e0 leurs descendants par h\u00e9ritage. Dans certains cas, les droits d&#039;exploitation de ces arbres peuvent \u00eatre pr\u00eat\u00e9s ou lou\u00e9s, bien qu&#039;ils restent g\u00e9n\u00e9ralement au sein d&#039;une famille. Le pom (encens \u00e0 base de r\u00e9sine de copal) est probablement le mat\u00e9riau le plus pr\u00e9cieux r\u00e9colt\u00e9 dans la for\u00eat primaire, contribuant \u00e0 des milliers de livres de production annuelle, dont une partie est export\u00e9e au Guatemala. Dans la for\u00eat se trouvent \u00e9galement d&#039;anciens bosquets de muscade, de cannelle, de caoutchouc, de cacao et de Pataxte (une vari\u00e9t\u00e9 de cacao, Theobroma bicolor), qui sont consid\u00e9r\u00e9s comme la propri\u00e9t\u00e9 des familles dont les anc\u00eatres les ont plant\u00e9s. Parfois, ces bosquets sont lou\u00e9s et vendus entre les membres du village, mais tout cas de litige en mati\u00e8re de propri\u00e9t\u00e9 est r\u00e9gl\u00e9 de mani\u00e8re informelle ou par l&#039;Alcalde du village en consultation avec les anciens.<\/p>\n<p>70. Outre les utilisations \u00e9conomiquement importantes, les parcelles de for\u00eat des zones agricoles et foresti\u00e8res abritent de nombreux endroits, g\u00e9n\u00e9ralement des grottes, des collines escarp\u00e9es et des gouffres, qui sont consid\u00e9r\u00e9s comme sacr\u00e9s par les Kekchi. Celles-ci sont souvent consid\u00e9r\u00e9es comme les habitations des divinit\u00e9s qui veillent sur les villages et les for\u00eats voisines. Les Mopans estiment de mani\u00e8re plus g\u00e9n\u00e9rale que la for\u00eat et la terre sont sacr\u00e9es pour Dieu (Osborn 1982). Chaque fois que les Kekchi ou les Mopan d\u00e9frichent des for\u00eats pour leur agriculture, ils demandent d&#039;abord la permission aux divinit\u00e9s, qui sont consid\u00e9r\u00e9es comme les v\u00e9ritables propri\u00e9taires de la for\u00eat et des animaux. En g\u00e9n\u00e9ral, les peuples Kekchi et Mopan traitent la for\u00eat avec r\u00e9v\u00e9rence et respect ; ils ont une connaissance intime et d\u00e9taill\u00e9e de plusieurs centaines de ses plantes et animaux.<\/p>\n<p>71. Par exemple, en plus de marquer un champ de mani\u00e8re \u00e0 ce que les limites soient visibles au public, un agriculteur Kekchi demande g\u00e9n\u00e9ralement aux dieux et aux seigneurs de la colline et de la vall\u00e9e (connus sous le nom de Tzuultaq&#039;a en Kekchi) la permission de exploiter un terrain. Cette demande de permission spirituelle peut \u00eatre faite soit lors d&#039;une c\u00e9r\u00e9monie familiale, soit, mieux encore, lors d&#039;une c\u00e9r\u00e9monie impliquant tout le village. Une telle c\u00e9r\u00e9monie villageoise de plusieurs jours comprend des veill\u00e9es nocturnes au cours desquelles de la musique de harpe sacr\u00e9e est jou\u00e9e, l&#039;abstinence sexuelle est pratiqu\u00e9e, des aliments sp\u00e9ciaux sont consomm\u00e9s et un p\u00e8lerinage est effectu\u00e9 vers une grotte sacr\u00e9e o\u00f9 l&#039;on pense que les seigneurs de la Colline et de la Vall\u00e9e r\u00e9sident. . Il y a parfois une c\u00e9r\u00e9monie religieuse \u00e0 la place ou en plus d&#039;un p\u00e8lerinage dans une grotte sacr\u00e9e. Ce qui est significatif dans tous ces rituels, c&#039;est qu&#039;ils soulignent la croyance profond\u00e9ment ancr\u00e9e des Mayas Kekchi selon laquelle la terre appartient \u00e0 leurs dieux Tzuultaq&#039;a et ne peut donc appartenir \u00e0 aucune personne. Pour assurer leur survie, les familles doivent demander et obtenir la permission spirituelle d\u2019utiliser (plut\u00f4t que de poss\u00e9der) la terre. Parce qu\u2019ils se consid\u00e8rent comme empruntant des terres aux seigneurs de la Colline et de la Vall\u00e9e, les agriculteurs Kekchi se sentent oblig\u00e9s de prot\u00e9ger ces terres par une gestion minutieuse de l\u2019environnement. En ce sens, ils prot\u00e8gent leurs terres collectives autant, sinon plus, que ne le feraient les propri\u00e9taires fonciers priv\u00e9s (Grandia, cit\u00e9\u00a0; Neitschmann 1997\u00a0: 11-12).<\/p>\n<p>72. Il est important de souligner que peu d\u2019\u00e9trangers ou de responsables gouvernementaux ont document\u00e9 ou compris cet ensemble complexe et traditionnel de r\u00e9glementations fonci\u00e8res. Le gouvernement a fait peu d&#039;efforts pour enqu\u00eater ou r\u00e9gulariser le r\u00e9gime foncier dans les zones situ\u00e9es au sud de la rivi\u00e8re Moho, permettant ainsi aux villages de continuer \u00e0 s&#039;autor\u00e9guler selon leurs coutumes. \u00c0 San Antonio, San Pedro Columbia, San Miguel, Big Falls, Silver Creek et Indian Creek, certaines sections qui \u00e9taient autrefois des terres de r\u00e9serve et d&#039;autres zones de terres de la Couronne ou de r\u00e9serves foresti\u00e8res ont \u00e9t\u00e9 officiellement \u00e9tudi\u00e9es et distribu\u00e9es aux particuliers en tant que propri\u00e9t\u00e9s \u00e0 bail, bien que ces Les villages ont continu\u00e9 de mani\u00e8re informelle de nombreux aspects des pratiques traditionnelles de r\u00e9glementation fonci\u00e8re.<\/p>\n<p>73. Dans la pratique, toutes les tentatives visant \u00e0 diviser les terres coutumi\u00e8res des villages en parcelles de taille arbitraire sont vou\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9chec dans l\u2019\u00e9tablissement d\u2019un r\u00e9gime foncier stable. En effet, chaque famille agricole maya de Tol\u00e8de a besoin d&#039;acc\u00e9der \u00e0 une vari\u00e9t\u00e9 de types de terres afin de cultiver et de rassembler toutes les r\u00e9coltes et les ressources dont elle a besoin pour survivre au cours d&#039;une ann\u00e9e donn\u00e9e. Chaque famille a besoin de plusieurs acres de champs de ma\u00efs de saison s\u00e8che dans un endroit humide ou le long d\u2019une rivi\u00e8re, de plusieurs acres de terres de montagne de saison humide pour le ma\u00efs et de champs de montagne l\u00e9g\u00e8rement plus humides pour le riz. Ils ont \u00e9galement besoin d\u2019acc\u00e9der aux for\u00eats secondaires et primaires pour la nourriture sauvage, la chasse et les mat\u00e9riaux de construction, d\u2019avoir acc\u00e8s aux p\u00e2turages communs pour le b\u00e9tail au sein du village et d\u2019avoir acc\u00e8s aux rivi\u00e8res pour l\u2019eau potable, la baignade, la lessive, la transformation des aliments et la p\u00eache. Aucune parcelle de terrain de 40 ou 50 acres ne peut contenir une quantit\u00e9 ad\u00e9quate de chacun des types de ressources n\u00e9cessaires. La vari\u00e9t\u00e9 des ressources disponibles est donc souvent plus importante que le montant total. Il est difficile d\u2019imaginer un autre syst\u00e8me de r\u00e9gime foncier, outre celui d\u00e9j\u00e0 en vigueur, qui permettrait \u00e0 un nombre similaire de personnes de survivre en tant qu\u2019agriculteurs relativement ind\u00e9pendants et autosuffisants dans le district de Tol\u00e8de. On en trouve facilement la preuve dans les nouveaux villages situ\u00e9s le long de la Southern Highway, o\u00f9 le r\u00e9gime foncier priv\u00e9 a conduit \u00e0 l&#039;effondrement du syst\u00e8me agricole complexe et autosuffisant encore pratiqu\u00e9 dans les zones les plus recul\u00e9es.<\/p>\n<p>33. Le professeur Wilk compl\u00e8te son affidavit par un bref historique du r\u00e9gime foncier officiel (vraisemblablement non coutumier) \u00e0 Tol\u00e8de aux paras. 74-77\u00a0:<\/p>\n<p>\u00abHistoire du r\u00e9gime foncier officiel \u00e0 Tol\u00e8de<\/p>\n<p>74. La plupart des concessions et des locations de terres \u00e0 Tol\u00e8de au XIXe si\u00e8cle n&#039;\u00e9taient en fait que des concessions foresti\u00e8res ; il n&#039;y avait aucune possession ou installation permanente par des personnes d&#039;origine europ\u00e9enne, et aucune tentative d&#039;am\u00e9lioration des terres ou de culture en dehors de tr\u00e8s petites zones. \u00c0 une certaine \u00e9poque, \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle, presque toutes les terres du district de Tol\u00e8de \u00e9taient revendiqu\u00e9es par une seule entreprise fonci\u00e8re \u2013 la Young, Toledo Company, qui se livrait principalement \u00e0 la sp\u00e9culation fonci\u00e8re apr\u00e8s l&#039;enl\u00e8vement des acajous les plus accessibles. Lorsque cette soci\u00e9t\u00e9 fit faillite en 1880, une partie de ses cr\u00e9ances fut c\u00e9d\u00e9e \u00e0 d&#039;autres soci\u00e9t\u00e9s, mais la plupart revinrent \u00e0 la Couronne, qui n&#039;avait jamais approuv\u00e9 les r\u00e9clamations initiales.<\/p>\n<p>75. Un syst\u00e8me de r\u00e9serves destin\u00e9 \u00e0 accueillir et encourager la colonisation et l&#039;agriculture mayas a \u00e9t\u00e9 propos\u00e9 d\u00e8s 1868, et des dispositions pour leur cr\u00e9ation ont \u00e9t\u00e9 incluses dans l&#039;ordonnance sur les terres de la Couronne de 1872. Cependant, il ne semble pas qu&#039;un tel syst\u00e8me ait \u00e9t\u00e9 officiellement cr\u00e9\u00e9 \u00e0 Tol\u00e8de avant 1893. En outre, \u00e0 partir de 1905 environ, le commissaire de district de Punta Gorda commen\u00e7a \u00e0 accorder des baux sur des terres situ\u00e9es le long des rivi\u00e8res Moho, Columbia et Temax \u00e0 des agriculteurs individuels de Kekchi et de Mopan. D&#039;autres r\u00e9serves ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es pour certains des villages existants en 1924, et ces r\u00e9serves ont \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9es en 1933 pour inclure certaines communaut\u00e9s qui avaient \u00e9t\u00e9 manqu\u00e9es lors des premi\u00e8res enqu\u00eates. Dans ce processus d&#039;attribution, certains villages ont \u00e9t\u00e9 oubli\u00e9s et n&#039;ont re\u00e7u aucune r\u00e9servation. D&#039;autres r\u00e9serves ont \u00e9t\u00e9 accord\u00e9es \u00e0 des villages qui n&#039;existaient pas ou ont \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9s par la suite.<\/p>\n<p>76. Apr\u00e8s les ann\u00e9es 1930 et jusque dans les ann\u00e9es 1960, les commissaires et officiers de district ont reconnu que les limites des r\u00e9serves n&#039;avaient que peu de rapport avec les colonies r\u00e9elles et les besoins fonciers du district, et ils ont proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 de nombreux ajustements et modifications ponctuels pour \u00e9largir les r\u00e9serves afin de r\u00e9pondre \u00e0 l&#039;augmentation des besoins en terres. population, dont beaucoup n\u2019ont souvent jamais fait l\u2019objet d\u2019une enqu\u00eate formelle ou n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 promulgu\u00e9es par une loi ou un acte administratif. Souvent, dans la pratique, les r\u00e9serves n&#039;\u00e9taient pas clairement d\u00e9finies, en raison des co\u00fbts prohibitifs li\u00e9s \u00e0 la surveillance ou \u00e0 l&#039;\u00e9tude de l&#039;utilisation des terres et des limites. Le r\u00e9sultat est qu\u2019aujourd\u2019hui les limites des r\u00e9serves n\u2019ont que peu de rapport avec les territoires coutumiers \u00e9tablis de longue date autour des villages. De nombreux villages n&#039;ont pas de r\u00e9serves formelles, bien qu&#039;ils utilisent leurs territoires depuis plus de cinquante ans avec l&#039;approbation explicite du gouvernement par la nomination de leurs Alcaldes.<\/p>\n<p>34. Le professeur Wilk a \u00e9galement t\u00e9moign\u00e9 oralement devant le tribunal et il m&#039;a sembl\u00e9 tr\u00e8s comp\u00e9tent et comp\u00e9tent pour parler de la question du r\u00e9gime foncier et des pratiques coutumi\u00e8res mayas.<\/p>\n<p>35. Il y a aussi le t\u00e9moignage du Dr Elizabeth Mara Grandia, professeur adjoint d&#039;anthropologie au D\u00e9partement du d\u00e9veloppement international, de la communaut\u00e9 et de l&#039;environnement de l&#039;Universit\u00e9 Clark de la ville de Worcester dans le Massachusetts, aux \u00c9tats-Unis. Sa th\u00e8se de doctorat s&#039;intitule Unsettling: Land Dispossession. et In\u00e9galit\u00e9 durable pour les Mayas Q&#039;eqchi&#039; dans le processus de colonisation des fronti\u00e8res guat\u00e9malt\u00e8ques et b\u00e9liziennes d\u00e9pos\u00e9 aupr\u00e8s de l&#039;Universit\u00e9 de Californie \u00e0 Berkeley en mai 2006 et qui sera bient\u00f4t publi\u00e9. Le Dr Grandia affirme avoir effectu\u00e9 six ann\u00e9es de travail anthropologique sur le terrain aupr\u00e8s des peuples autochtones de diff\u00e9rentes r\u00e9gions de la M\u00e9so-Am\u00e9rique depuis 1991, principalement au Guatemala et au Belize, ainsi que quelques recherches pr\u00e9liminaires au Honduras. Elle a en fait d\u00e9pos\u00e9 un deuxi\u00e8me affidavit dans lequel elle r\u00e9fute certaines des all\u00e9gations formul\u00e9es dans les affidavits d\u00e9pos\u00e9s au nom des d\u00e9fendeurs.<\/p>\n<p>36. Voici maintenant ce que le Dr Grandia avait \u00e0 dire sur la gestion coutumi\u00e8re des terres mayas dans le village de Conejo\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab Gestion coutumi\u00e8re des terres mayas dans le village de Conejo<\/p>\n<p>24. De nombreux chercheurs ont document\u00e9 le syst\u00e8me coutumier de gestion des terres des Mayas Q&#039;eqchi&#039;. Je fournis une description d\u00e9taill\u00e9e de ce syst\u00e8me dans The Wealth Report (ci-joint en tant que pi\u00e8ce \u00ab B \u00bb) et dans les chapitres cinq et six de ma th\u00e8se. J&#039;ai lu les premiers affidavits des demandeurs du village de Conejo dans le district de Toledo, Belize. \u00c9tant eux-m\u00eames agriculteurs, les demandeurs ont d\u00e9crit avec pr\u00e9cision le syst\u00e8me maya coutumier de gestion des terres. Je confirme \u00e9galement la description du r\u00e9gime foncier maya pr\u00e9sent\u00e9e par Richard Wilk dans son affidavit. En m&#039;appuyant sur leurs r\u00e9cits, dans cette partie de mon affidavit, je vais maintenant d\u00e9crire ce qui s&#039;applique \u00e0 la gestion de l&#039;utilisation des terres dans le village de Conejo et discuter de certains de ses avantages socio-\u00e9conomiques et environnementaux. Je ferai r\u00e9f\u00e9rence tout au long de cette section aux affidavits des demandeurs du village de Conejo, pour situer leurs t\u00e9moignages dans le contexte plus large de la gestion des terres mayas.<\/p>\n<p>25. Le syst\u00e8me coutumier maya de gestion des terres combine un m\u00e9lange de droits d&#039;usage quasi-priv\u00e9s et de prise de d\u00e9cision collective. Il ne s\u2019agit pas d\u2019un syst\u00e8me monochrome dans lequel chaque communaut\u00e9 continue d\u2019observer les m\u00eames pratiques indig\u00e8nes intemporelles. Selon les variations g\u00e9ographiques et les dirigeants du village, chaque communaut\u00e9 peut g\u00e9rer ses terres d&#039;une mani\u00e8re l\u00e9g\u00e8rement diff\u00e9rente. Loin d\u2019\u00eatre anarchique, ce syst\u00e8me se caract\u00e9rise par une profonde logique \u00e9cologique, sociale, intellectuelle, spirituelle et \u00e9conomique.<\/p>\n<p>26. Les familles peuvent revendiquer et conserver des parcelles agricoles pendant de longues p\u00e9riodes. Chaque famille est responsable de ses propres travaux agricoles et r\u00e9colte ses propres r\u00e9coltes. D&#039;autres agriculteurs peuvent apporter leur aide, notamment pour les t\u00e2ches de br\u00fblage et de plantation, mais la famille ou le m\u00e9nage constitue g\u00e9n\u00e9ralement l&#039;unit\u00e9 centrale d&#039;organisation du syst\u00e8me de gestion des terres maya. L&#039;aspect collectif de ce syst\u00e8me est la prise de d\u00e9cision communautaire concernant la mani\u00e8re dont les terres sont r\u00e9parties entre les m\u00e9nages. Les communaut\u00e9s mayas s&#039;efforcent de r\u00e9partir \u00e9quitablement les terres agricoles. Ils cherchent \u00e9galement \u00e0 garantir que tous les membres d&#039;un village aient acc\u00e8s aux zones foresti\u00e8res communales ou partag\u00e9es qui sont utilis\u00e9es pour la chasse, la p\u00eache, la collecte de l&#039;eau et la collecte de diverses ressources.<\/p>\n<p>37. Et le Dr Grandia conclut sa d\u00e9claration sous serment au sujet du r\u00e9gime foncier et de la gestion coutumi\u00e8re comme suit au paragraphe 79\u00a0:<br \/>\n\u00ab 79. D&#039;apr\u00e8s mes propres recherches universitaires et sur le terrain et les preuves fournies par les membres du village de Conejo, y compris les demandeurs, il est clair que les villageois mayas de Conejo continuent d&#039;utiliser et d&#039;occuper leurs terres conform\u00e9ment \u00e0 des coutumes, traditions et normes de longue date concernant la gestion des terres. Ces normes incluent le contr\u00f4le collectif sur l\u2019utilisation des terres ; r\u00e9partition \u00e9quitable des droits d&#039;usage individuels en fonction des besoins et de la capacit\u00e9 de travail de la famille\u00a0; agriculture, \u00e9levage, chasse et cueillette tournants et permanents \u00e9cologiquement rationnels\u00a0; et les obligations r\u00e9ciproques de gestion des terres et de la communaut\u00e9. Ces normes fonci\u00e8res sont au c\u0153ur de la vision culturelle du monde et de la coh\u00e9sion sociale du peuple maya et du village Conejo. Le syst\u00e8me qui en r\u00e9sulte se manifeste par des mod\u00e8les d\u2019utilisation des terres flexibles mais coh\u00e9rents impliquant des zones r\u00e9sidentielles, des milpas de saison humide et des zones saqiwaj ou matahambre de saison s\u00e8che, de longues zones de jach\u00e8re et des zones de haute for\u00eat. Les pratiques fonci\u00e8res mayas sont suffisamment h\u00e9g\u00e9moniques et stables pour que les habitants des communaut\u00e9s mayas de Tol\u00e8de, y compris Conejo, aient pu r\u00e9aliser des investissements \u00e9conomiques \u00e0 long terme sous la forme de cultures annuelles et permanentes, tout en \u00e9tant suffisamment flexibles pour permettre aux agriculteurs mayas de r\u00e9pondre aux besoins. opportunit\u00e9s de march\u00e9 dans la mesure o\u00f9, tout au long de l&#039;histoire du Belize, Tol\u00e8de a souvent \u00e9t\u00e9 la principale source de produits alimentaires nationaux.<\/p>\n<p>\n38. Le Dr Grant D. Jones, ancien directeur du D\u00e9partement d&#039;anthropologie et de sociologie et ancien professeur d&#039;anthropologie Charles A. Dana au Davidson College, Caroline du Nord, \u00c9tats-Unis, fait valoir dans son affidavit \u00e0 peu pr\u00e8s le m\u00eame argument \u00e0 propos du r\u00e9gime foncier coutumier des Mayas et gestion dans le district de Tol\u00e8de. Dans la conclusion de son affidavit, il d\u00e9clare aux par. 63 \u00e0 65 comme suit :<\/p>\n<p>&quot;Conclusion<\/p>\n<p>63. Les preuves historiques disponibles indiquent que les premiers Europ\u00e9ens ont entendu parler du district de Toledo et de ses environs et y sont entr\u00e9s en 1568, et ont ensuite d\u00e9couvert des populations mayas d\u00e9j\u00e0 anciennes habitant le district de Toledo au Belize. Ces populations \u00e9taient principalement des locuteurs de Mopan, affili\u00e9s politiquement et \u00e9conomiquement aux locuteurs d&#039;Itza et de Chol. Comme le reste de la population indig\u00e8ne des Am\u00e9riques, cette population existante a probablement \u00e9t\u00e9 gravement perturb\u00e9e et r\u00e9duite par les maladies introduites par les Europ\u00e9ens. Au cours du processus d&#039;invasion et de colonisation espagnole, au XVIIe si\u00e8cle, la r\u00e9gion de Tol\u00e8de est devenue une zone fronti\u00e8re de refuge, et les distinctions politiques et culturelles ant\u00e9rieures se sont estomp\u00e9es \u00e0 mesure que des m\u00e9langes ont eu lieu, en particulier entre les groupes Chol\/Kekchi et Kekchi\/Mopan. Certaines populations mayas du district de Toledo et de tout le Belize ont de nouveau \u00e9t\u00e9 disloqu\u00e9es aux XVIIe et XVIIIe si\u00e8cles ; et d&#039;autres populations mayas ont migr\u00e9 vers Tol\u00e8de au 17\u00e8me si\u00e8cle en raison de la conqu\u00eate espagnole des Itza Mayas de Peten, au Guatemala. Tout au long de ces p\u00e9riodes, les Mayas de diff\u00e9rents groupes linguistiques se sont mari\u00e9s et ont circul\u00e9 pendant des si\u00e8cles entre des territoires qui ne sont devenus distincts que plus tard avec la cr\u00e9ation de fronti\u00e8res nationales. Par cons\u00e9quent, de nombreuses personnes du district de Tol\u00e8de qui s&#039;appellent Kekchi sont plus pr\u00e9cis\u00e9ment Kekchi-Chols ou Kekchi-Mopan.<\/p>\n<p>64. Autant que l&#039;on puisse en juger, tous les groupes qui ont v\u00e9cu dans la r\u00e9gion au cours de ces si\u00e8cles de dislocation et de r\u00e9installation partageaient des normes et des mod\u00e8les fonciers similaires, pratiquant des formes bien connues d&#039;agriculture foresti\u00e8re tropicale de plaine dans le cadre d&#039;un syst\u00e8me foncier fondamentalement communautaire. qui attribuait au cultivateur la propri\u00e9t\u00e9, notamment les cultures actives ou les vergers entretenus dans les for\u00eats, tout en situant le contr\u00f4le et la propri\u00e9t\u00e9 de ces terres dans l&#039;ensemble de la communaut\u00e9.<\/p>\n<p>65. Au total, il existe suffisamment de preuves pour \u00e9tayer ma conclusion selon laquelle les habitants actuels des communaut\u00e9s mayas de Tol\u00e8de qui parlent mopan et kekchi ont une relation historique et culturelle avec les terres sur lesquelles ils vivent et travaillent actuellement, et avec les populations qui les ont historiquement habit\u00e9s. Cette relation fonde leur identit\u00e9 en tant que peuple autochtone de la r\u00e9gion.<\/p>\n<p>39. Encore une fois, le Dr Joel D. Wainwright, professeur adjoint au D\u00e9partement de g\u00e9ographie de l&#039;Universit\u00e9 d&#039;\u00c9tat de l&#039;Ohio, aux \u00c9tats-Unis, fait valoir \u00e0 peu pr\u00e8s les m\u00eames arguments \u00e0 propos du r\u00e9gime foncier et de la gestion coutumiers des Mayas, cette fois en ce qui concerne le village de Santa Cruz, dans les paragraphes 27 \u00e0 39 de son premier affidavit dans cette affaire. Il a d\u00e9clar\u00e9 qu&#039;il menait des recherches sur l&#039;utilisation des terres et l&#039;histoire du sud du Belize depuis 1993 et qu&#039;il s&#039;\u00e9tait rendu plusieurs fois au village de Santa Cruz depuis. Il pr\u00e9sente un r\u00e9sum\u00e9 des principales conclusions de ses recherches comme suit aux paragraphes 48 \u00e0 50 de son affidavit\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab 48. Santa Cruz a \u00e9t\u00e9 continuellement occup\u00e9e et utilis\u00e9e par le peuple maya depuis l&#039;\u00e9poque pr\u00e9coloniale. Les habitants actuels du village sont conscients de la continuit\u00e9 culturelle et g\u00e9ographique de ce lieu.<\/p>\n<p>49. En ce qui concerne sa taille, sa composition, sa g\u00e9ographie, son histoire et ses moyens de subsistance, Santa Cruz est une communaut\u00e9 maya rurale typique, comme d&#039;autres dans le district de Toledo. Santa Cruz illustre le syst\u00e8me foncier maya coutumier trouv\u00e9 \u00e0 Tol\u00e8de, tel que d\u00e9crit par les universitaires qui ont \u00e9tudi\u00e9 le peuple maya.<\/p>\n<p>50. Les villageois de Santa Cruz ont occup\u00e9 leurs terres selon leurs normes coutumi\u00e8res tout au long de leur occupation. Les cartes de Thomas Caal repr\u00e9sentent avec pr\u00e9cision ces terres, le territoire dans lequel le peuple maya de Santa Cruz vit conform\u00e9ment \u00e0 ses pratiques coutumi\u00e8res d&#039;utilisation des terres.<\/p>\n<p>40. Au vu de l\u2019\u00e9tat des preuves dans cette affaire, je suis donc in\u00e9luctablement tenu de conclure qu\u2019il existe bel et bien un r\u00e9gime foncier coutumier maya dans le district de Tol\u00e8de. Cette conclusion, je dois le dire, est \u00e9tay\u00e9e par les preuves accablantes de personnes poss\u00e9dant une connaissance et une expertise pertinentes de la r\u00e9gion et du r\u00e9gime foncier qui y r\u00e8gne. J&#039;ai longuement tent\u00e9 d&#039;exposer ces \u00e9l\u00e9ments de preuve dans ce jugement.<\/p>\n<p>41. Je suis donc convaincu que, sur la base des \u00e9l\u00e9ments de preuve, les demandeurs ont \u00e9tabli qu&#039;il existe dans le sud du Belize, dans le district de Toledo, en particulier dans les villages de Santa Cruz et Conejo, un r\u00e9gime foncier coutumier maya.<\/p>\n<p>42. Je suis confort\u00e9 dans cette conclusion par la conclusion de la Commission interam\u00e9ricaine des droits de l\u2019homme dans l\u2019affaire des communaut\u00e9s autochtones mayas, pr\u00e9cit\u00e9e, lorsqu\u2019elle a d\u00e9clar\u00e9 au paragraphe 127 de son rapport\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab 127. Sur la base des arguments et des \u00e9l\u00e9ments de preuve dont elle est saisie, la Commission est convaincue que les peuples Mopan et Ke&#039;kchi Maya ont d\u00e9montr\u00e9 un droit de propri\u00e9t\u00e9 communautaire sur les terres qu&#039;ils habitent actuellement dans le district de Toledo. Ces droits d\u00e9coulent de l&#039;utilisation et de l&#039;occupation de longue date du territoire par le peuple maya, dont les parties ont convenu avant la colonisation europ\u00e9enne, et ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tendus \u00e0 l&#039;utilisation de la terre et de ses ressources \u00e0 des fins li\u00e9es \u00e0 la survie physique et culturelle. des communaut\u00e9s mayas.<\/p>\n<p>43. Comme la Commission dans cette affaire, je suis convaincu que les d\u00e9fendeurs dans la pr\u00e9sente proc\u00e9dure n&#039;ont pr\u00e9sent\u00e9 aucun argument ou preuve cr\u00e9dible pour r\u00e9futer l&#039;argument et les preuves des demandeurs concernant les modes d&#039;utilisation des terres pratiqu\u00e9s par le peuple maya dans le district de Tol\u00e8de. ou le syst\u00e8me foncier coutumier qui semble avoir \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9 par eux \u2013 voir para. 128 du rapport de la Commission ibid.<\/p>\n<p>44. En cons\u00e9quence, je conclus et consid\u00e8re qu\u2019il existe, dans le sud du Belize, en particulier dans le district de Toledo, un r\u00e9gime foncier coutumier maya.<\/p>\n<p>45. Il est \u00e9galement important de noter que je conclus des \u00e9l\u00e9ments de preuve pr\u00e9sent\u00e9s dans cette affaire que le gouvernement du Belize avait donn\u00e9 son imprimatur et reconnu explicitement les droits du peuple maya sur les terres et les ressources du sud du Belize, sur la base de son utilisation et de son occupation de longue date. . Ce d\u00e9veloppement important a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 le 12 octobre 2000 dans un accord entre le gouvernement du Belize et le Conseil culturel maya de Toledo, l&#039;Association des Alcaldes de Toledo, le Conseil Kekchi du Belize, le Conseil des femmes mayas de Toledo et l&#039;Association des pr\u00e9sidents de conseils de village. . Toutes ces derni\u00e8res organisations sont collectivement d\u00e9crites dans l&#039;Accord comme les dirigeants mayas repr\u00e9sentant les peuples mayas du sud du Belize. L&#039;accord a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 par le Premier ministre pour et au nom du gouvernement du Belize.<\/p>\n<p>46. La clause 6 de cet accord en dix points, \u00e0 mon avis, constitue une approbation claire et sans \u00e9quivoque par le gouvernement de l&#039;existence des droits du peuple maya sur les terres et les ressources dans le sud du Belize, sur la base de son utilisation et de son occupation de longue date. Cela, \u00e0 mon avis, constitue une affirmation claire de l\u2019existence d\u2019un r\u00e9gime foncier coutumier maya dans le sud du Belize.<\/p>\n<p>47. Une copie de l&#039;accord en dix points est annex\u00e9e en tant que pi\u00e8ce GC 5 \u00e0 l&#039;affidavit conjoint de Gregorio Choc, Cristina Coc et Martin Chen. La clause 6 de cet accord en dix points stipule express\u00e9ment\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab Que le GOB (gouvernement du Belize) reconnaisse que le peuple Maya a des droits sur les terres et les ressources dans le sud du Belize, sur la base de son utilisation et de son occupation de longue date. \u00bb<\/p>\n<p>48. Ce point constitue, \u00e0 mon avis, un aveu important de la part des d\u00e9fendeurs, suffisant pour trancher cet aspect de l&#039;affaire en faveur des demandeurs. Cependant, il est \u00e9vident que, malgr\u00e9 la reconnaissance des droits de propri\u00e9t\u00e9 du peuple maya sur ses terres traditionnelles, fond\u00e9s sur son utilisation et son occupation de longue date, les d\u00e9fendeurs, en tant que repr\u00e9sentant du gouvernement du Belize, n&#039;ont pas d\u00e9limit\u00e9, d\u00e9marqu\u00e9, titr\u00e9 ou \u00e9tabli de toute autre mani\u00e8re aucun lien clair. ou des m\u00e9canismes juridiques qui peuvent \u00eatre n\u00e9cessaires pour clarifier et prot\u00e9ger les droits des demandeurs ainsi reconnus. D&#039;o\u00f9 ce litige. Mais il est important de pr\u00e9ciser que cet Accord en dix points, et notamment son paragraphe 6, n&#039;a jamais \u00e9t\u00e9 remis en question, contest\u00e9 ou r\u00e9fut\u00e9 par les d\u00e9fendeurs dans cette proc\u00e9dure. En fait, Mme Antoinette Moore, la savante avocate des demandeurs, a insist\u00e9 en leur nom, avec j&#039;ose dire une certaine force, qu&#039;\u00e0 la lumi\u00e8re de l&#039;aveu contenu au par. 6 de l&#039;Accord en dix points, les d\u00e9fendeurs devraient \u00eatre emp\u00each\u00e9s de refuser aux demandeurs le r\u00e9gime foncier coutumier dans le sud du Belize. Je dois dire qu\u2019il y a une certaine force dans cette argumentation.<\/p>\n<p>49. Cependant, d&#039;apr\u00e8s la preuve dans cette affaire (voir en particulier l&#039;affidavit conjoint de Choc, Coc et Chen et la pi\u00e8ce GC 5, le t\u00e9moignage sous serment du Dr Richard Wilk, du Dr Joel Wainwright et de la Dre Elizabeth Grandia), je suis convaincu qu&#039;il existe dans le district de Tol\u00e8de un r\u00e9gime foncier coutumier maya.<\/p>\n<p>50. J\u2019aborde maintenant la deuxi\u00e8me question sur laquelle les parties se sont entendues aux fins de ce proc\u00e8s :<\/p>\n<p>2. Si les membres des villages de Conejo et de Santa Cruz ont des int\u00e9r\u00eats fonciers bas\u00e9s sur le r\u00e9gime foncier coutumier maya et, si tel est le cas, la nature de ces int\u00e9r\u00eats.<\/p>\n<p>\nLes villages de Santa Cruz et Conejo sont deux des villages du district de Toledo au nom desquels ces requ\u00eates consolid\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9es en plus de plusieurs individus d\u00e9sign\u00e9s ensemble comme demandeurs. Ces deux villages, ainsi que 35 autres villages mayas du sud du Belize, sont pr\u00e9sent\u00e9s dans l&#039;Atlas Maya, qui est un volume de croquis de cartes et de r\u00e9cits de villages produits par des organisations mayas avec l&#039;aide de cartographes professionnels. Ce volume est joint \u00e0 l&#039;affidavit de Deborah Schaaf et a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 en preuve comme pi\u00e8ce DS 1.<\/p>\n<p>51. The Maya Atlas: The Struggle to Preserve Maya Land in Southern Belize, pour donner son titre complet \u00e0 l&#039;exposition DS 1, je trouve qu&#039;il s&#039;agit d&#039;un r\u00e9cit remarquable de l&#039;histoire, des personnes et du lieu, de l&#039;utilisation des terres, de la culture, des services communautaires et de certains des probl\u00e8mes rencontr\u00e9s par la communaut\u00e9 maya du sud du Belize. Ce qui rend ce travail d&#039;autant plus remarquable est qu&#039;il a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 par certains peuples mayas du sud du Belize en collaboration avec le Conseil culturel maya de Toledo et l&#039;Association Toledo Alcaldes, bien qu&#039;avec l&#039;aide de l&#039;Indian Law Resource Center, du Geo Map Group du The University College de Berkeley et la Soci\u00e9t\u00e9 pour la pr\u00e9servation de l&#039;\u00e9ducation et de la recherche (SPEAR).<\/p>\n<p>52. Outre les cinq villages mayas de Maya Center, Red Bank, Maya Mopan, Santa Rosa et San Roman dans le district de Stann Creek, l&#039;Atlas Maya contient de brefs portraits des trente-six villages mayas du district de Toledo, y compris le villages de Santa Cruz et Conejo : les deux villages qui figurent dans le deuxi\u00e8me num\u00e9ro \u00e0 l&#039;\u00e9tude.<\/p>\n<p>53. Dans le cas de Conejo Village, l&#039;Atlas Maya \u00e0 la p. 85 d\u00e9clare ce qui suit : \u00ab Le village de Conejo a environ 90 ans. Elle a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e en 1907 par Jos\u00e9 Makin. Il pratiquait l&#039;agriculture dans la r\u00e9gion avant sa colonisation. Le village est compos\u00e9 de Ke&#039;kchi Maya qui se consacrent \u00e0 la production de porcs, de ma\u00efs et de riz pour gagner leur vie. EN 1950, le village est pass\u00e9 d\u2019une seule famille \u00e0 vingt-deux familles.<\/p>\n<p>54. Les demandeurs du village de Conejo ont d\u00e9pos\u00e9 des affidavits \u00e0 l&#039;appui de leur demande. La lecture de ces diff\u00e9rents affidavits montre clairement que tous ces demandeurs vivent dans le village de Conejo et occupent des terres dans le village conform\u00e9ment aux coutumes et traditions mayas du village dans lequel ils chassent, p\u00eachent et cultivent (voir par exemple, les paragraphes 6, 7, 11, 12, 13 du premier affidavit de Manuel Coy; paragraphes 3, 4, 6, 9, 10, 11, 13, 15, 16, 17, 19, 20 et 25 du premier affidavit de Manuel Caal) . J&#039;ai d\u00e9j\u00e0 expos\u00e9 aux paragraphes 36 et 37 ci-dessus ce que le Dr Elizabeth Grandia avait \u00e0 dire dans ses affidavits dans la pr\u00e9sente proc\u00e9dure au sujet de la gestion coutumi\u00e8re des terres mayas dans le village de Conejo.<\/p>\n<p>55. D\u2019apr\u00e8s l\u2019ensemble des \u00e9l\u00e9ments de preuve dans cette affaire, je suis persuad\u00e9 et convaincu que les membres du village de Conejo ont des int\u00e9r\u00eats sur les terres de ce village sur la base du r\u00e9gime foncier coutumier maya.<\/p>\n<p>56. En ce qui concerne le village de Santa Cruz, premi\u00e8rement, c&#039;est ainsi qu&#039;il est d\u00e9crit dans l&#039;Atlas Maya \u00e0 la p. 47\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab Le village de Santa Cruz \u00e9tait d&#039;abord un alkilo, ce qui signifie que les gens vivaient dans la for\u00eat, loin les uns des autres, sans ordre particulier. En 1950, Santiago Canti, Benito Canti, Susano Canti, Lazaro Pop et Thomas Sho ont encourag\u00e9 les gens \u00e0 fonder un village. Comme les gens \u00e9taient associ\u00e9s \u00e0 la religion catholique, ils appel\u00e8rent le village Sainte-Croix ou Santa Cruz.<\/p>\n<p>Santa Cruz est un village typiquement maya. Il est situ\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la ruine maya d\u2019Uch Ben Cah, ce qui lui conf\u00e8re l\u2019attrait et l\u2019aura de l\u2019ancienne civilisation maya.<\/p>\n<p>57. Les demandeurs du village de Santa Cruz ont \u00e9galement d\u00e9pos\u00e9 des d\u00e9clarations sous serment dans lesquelles ils d\u00e9crivent comment ils vivent dans le village, occupent leurs terres, cultivent, chassent et p\u00eachent. Il ressort clairement de leurs nombreux affidavits que ces demandeurs consid\u00e8rent que les terres de Santa Cruz leur appartiennent comme elles l&#039;\u00e9taient \u00e0 leurs anc\u00eatres selon leur coutume maya. En effet, M. Aurelio Cal, alcade de Santa Cruz, dit au paragraphe 22 de sa d\u00e9claration sous serment que\u00a0:<\/p>\n<p>\n\u00ab Le 22 f\u00e9vrier 2007, le village de Santa Cruz a soumis une demande \u00e9crite au gouvernement du Belize (dont une copie est annex\u00e9e \u00e0 son affidavit sous la r\u00e9f\u00e9rence AC 1) lui demandant de publier une d\u00e9claration publique d\u00e9clarant que Santa Cruz jouit de droits sur la terre et les ressources. sur le territoire que nous occupons traditionnellement. Cependant, le gouvernement n\u2019a jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent ni reconnu ni r\u00e9pondu \u00e0 cette demande.<\/p>\n<p>58. Il existe \u00e9galement le t\u00e9moignage sous serment du Dr Joel Wainwright dans lequel il raconte l&#039;histoire du village de Santa Cruz (voir par. 13 \u00e0 23) et aux par. 27 \u00e0 39 rendent compte des pratiques d\u2019utilisation des terres et des relations sociales li\u00e9es au r\u00e9gime foncier. Il a r\u00e9sum\u00e9 ainsi ses principales conclusions :<br \/>\n\u00ab 48. Santa Cruz a \u00e9t\u00e9 continuellement occup\u00e9e et utilis\u00e9e par le peuple Maya depuis l&#039;\u00e9poque pr\u00e9coloniale. Les habitants actuels du village sont conscients de la continuit\u00e9 culturelle et g\u00e9ographique de ce lieu.<\/p>\n<p>49. En ce qui concerne sa taille, sa composition, sa g\u00e9ographie, son histoire et ses moyens de subsistance, Santa Cruz est une communaut\u00e9 maya typique, comme d&#039;autres dans le district de Tol\u00e8de. Santa Cruz illustre le syst\u00e8me foncier maya coutumier trouv\u00e9 \u00e0 Tol\u00e8de, tel que d\u00e9crit par les universitaires qui ont \u00e9tudi\u00e9 le peuple maya.<\/p>\n<p>50. Les villageois de Santa Cruz ont occup\u00e9 leurs terres selon leurs normes coutumi\u00e8res tout au long de leur occupation\u2026 \u00bb<\/p>\n<p>59. L\u00e0 encore, \u00e0 partir de l\u2019ensemble des \u00e9l\u00e9ments de preuve, je suis oblig\u00e9 de constater et de conclure que les membres du village de Santa Cruz ont des int\u00e9r\u00eats dans les terres de ce village sur la base du r\u00e9gime foncier coutumier maya.<\/p>\n<p>60. Je dois dire que les d\u00e9fendeurs n\u2019ont avanc\u00e9 aucune preuve contraire \u00e0 ce point, sauf pour affirmer que certains de ces villages mayas sont d\u2019origine r\u00e9cente et que leurs habitants n\u2019auraient pas pu acqu\u00e9rir des int\u00e9r\u00eats fonciers selon le r\u00e9gime coutumier : voir par. 7 du premier affidavit d&#039;Andr\u00e9 Cho et celui du premier affidavit d&#039;Armin Cansino et par. 9 et 10 du premier affidavit de Roy Cayetano respectivement au nom des d\u00e9fendeurs.<\/p>\n<p>61. Je ne pense en aucun cas que les dates de cr\u00e9ation de villages particuliers soient n\u00e9cessairement d\u00e9terminantes ou fatales \u00e0 l\u2019existence d\u2019un r\u00e9gime foncier coutumier ou d\u2019int\u00e9r\u00eats fonciers. Je suis satisfait des preuves accablantes selon lesquelles le peuple maya avait occup\u00e9 des terres dans ce qui est aujourd&#039;hui le district de Toledo et continue d&#039;occuper ces terres, y compris les membres des villages de Conejo et de Santa Cruz, sur la base du r\u00e9gime foncier coutumier maya. \u2013 par. 30 du rapport de la Commission interam\u00e9ricaine dans l&#039;affaire Communaut\u00e9s autochtones mayas du district de Toledo c. Belize, supra.<\/p>\n<p>62. En outre, d&#039;apr\u00e8s les faits de la pr\u00e9sente affaire, je suis convaincu que de nombreuses preuves documentaires, rapports d&#039;experts et tradition orale maya \u00e9tablissent que les communaut\u00e9s mayas actuelles du sud du Belize existent dans des zones qui faisaient partie du territoire ancestral et historique du Belize. Peuple Maya depuis des temps imm\u00e9moriaux, et certainement avant les affirmations de souverainet\u00e9 espagnole et britannique plus tard : voir en particulier le premier affidavit de Grant Jones, paras. 7-38\u00a0; le premier affidavit de Richard Wilk, par. 4 \u2013 40, et de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, Grant Jones, Maya Resistance to Spanish Rule : Time and History on a Colonial Frontier.<\/p>\n<p>En outre, les sites arch\u00e9ologiques, les lieux de s\u00e9pulture et les artefacts trouv\u00e9s sur leurs terres d\u00e9montrent une relation historique de longue date, voire ancienne, entre les Mayas et cette r\u00e9gion. Par cons\u00e9quent, il est tout \u00e0 fait raisonnable de conclure que la fondation de villages mayas dans le sud du Belize \u00e0 l\u2019\u00e9poque moderne repr\u00e9sente clairement une continuit\u00e9 des mod\u00e8les culturels et d\u2019utilisation des terres par le peuple maya qui s\u2019\u00e9tend sur des si\u00e8cles et est certainement ant\u00e9rieure \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e des premiers Europ\u00e9ens\u00a0: voir en particulier , par. 5 \u00e0 14 du premier affidavit de Wilk et les paras. 18-67.<\/p>\n<p>63. Il ressort clairement des \u00e9l\u00e9ments de preuve disponibles qu&#039;il y a eu et a toujours eu une pr\u00e9sence maya dans ce qui est aujourd&#039;hui le sud du Belize. Par cons\u00e9quent, je consid\u00e8re et consid\u00e8re que l\u2019\u00e9tablissement r\u00e9cent de certains villages mayas dans le sud du Belize ne porte pas atteinte \u00e0 l\u2019existence du r\u00e9gime foncier et des int\u00e9r\u00eats coutumiers mayas dans le district de Toledo.<\/p>\n<p>\n64. Nature des int\u00e9r\u00eats fonciers des demandeurs fond\u00e9s sur le r\u00e9gime foncier coutumier maya<\/p>\n<p>\nJe me tourne maintenant vers la question subsidiaire mais tout aussi importante formul\u00e9e dans la deuxi\u00e8me question convenue, \u00e0 savoir la nature des int\u00e9r\u00eats fonciers des demandeurs fond\u00e9s sur le r\u00e9gime foncier coutumier maya.<\/p>\n<p>65. \u00c0 mon avis, je pense que la position concernant la d\u00e9termination ou l&#039;interpr\u00e9tation du titre coutumier ou des int\u00e9r\u00eats fonciers a \u00e9t\u00e9 utilement et, j&#039;ose dire, \u00e9nonc\u00e9e avec autorit\u00e9 par le Conseil priv\u00e9 dans l&#039;affaire Amodu Tijani supra lorsque le vicomte Haldane a rendu le jugement de le Conseil a d\u00e9clar\u00e9\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab Leurs Seigneuries font l&#039;observation pr\u00e9liminaire que dans l&#039;interpr\u00e9tation du titre foncier autochtone, non seulement dans le sud du Nigeria, mais dans d&#039;autres parties de l&#039;Empire britannique, une grande prudence s&#039;impose. Il existe une tendance, parfois inconsciemment, \u00e0 traduire ce titre conceptuellement dans des termes qui ne conviennent qu&#039;aux syst\u00e8mes qui se sont d\u00e9velopp\u00e9s sous le droit anglais. Mais cette tendance doit \u00eatre \u00e9troitement contr\u00f4l\u00e9e. En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, dans les divers syst\u00e8mes de jurisprudence indig\u00e8ne de l\u2019Empire, il n\u2019existe pas de division aussi compl\u00e8te entre propri\u00e9t\u00e9 et possession que celle que connaissent les juristes anglais. Une forme tr\u00e8s courante de titre autochtone est celle du droit d&#039;usufruitier, qui est une simple qualification ou une charge sur le titre radical ou d\u00e9finitif du souverain l\u00e0 o\u00f9 il existe. Dans de tels cas, le titre du Souverain est un pur patrimoine juridique, auquel des droits usufruitiers peuvent ou non \u00eatre attach\u00e9s. Mais ce domaine est assorti d\u2019un droit d\u2019usage b\u00e9n\u00e9ficiaire qui peut ne pas rev\u00eatir des formes d\u00e9finies analogues aux domaines, ou peut, lorsqu\u2019il les a assum\u00e9es, les avoir d\u00e9riv\u00e9es de l\u2019intrusion de la simple analogie de la jurisprudence anglaise\u2026 En Inde, comme dans le Sud Au Nigeria, il y a encore un autre aspect de la nature fondamentale du titre foncier qu&#039;il faut garder \u00e0 l&#039;esprit. Le titre, tel qu&#039;il est, n&#039;est peut-\u00eatre pas celui d&#039;un individu comme dans ce pays il l&#039;est presque toujours sous une forme ou une autre, mais peut \u00eatre celui d&#039;une communaut\u00e9. Une telle communaut\u00e9 peut avoir le titre possessoire de la jouissance commune d&#039;un usufruit, avec des coutumes selon lesquelles ses membres individuels sont admis \u00e0 la jouissance, et m\u00eame le droit de transmettre la jouissance individuelle comme membres par cession entre vifs ou par succession. Pour d\u00e9terminer dans quelle mesure ce dernier d\u00e9veloppement du droit a progress\u00e9, il faut \u00e9tudier l&#039;histoire de la communaut\u00e9 particuli\u00e8re et ses usages dans chaque cas. Les principes abstraits \u00e9labor\u00e9s a priori ne sont que d\u2019une faible utilit\u00e9 et sont le plus souvent trompeurs \u00bb aux pp. 402 \u00e0 404 (c\u2019est nous qui soulignons).<\/p>\n<p>66. Cet expos\u00e9 du droit a \u00e9t\u00e9 reconnu judiciairement comme \u00ab la position d\u00e9finitive en common law \u00bb par la Cour d\u2019appel de Malaisie dans l\u2019affaire Kerajaan Negeri Selangor et autres contre Sagong Bin Tasi et autres (2005) MLJ 289. Gopal Sri Ram JCA sur la question du titre foncier autochtone ou coutumier, \u00e0 savoir la souverainet\u00e9 ou le titre radical, s&#039;appuyant sur la d\u00e9claration du Conseil priv\u00e9 sur ce point dans l&#039;affaire Amodu Tijani supra, a d\u00e9clar\u00e9 que\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab \u2026 le fait que le titre radical sur la terre soit d\u00e9volu au souverain ou \u00e0 l\u2019\u00c9tat (comme dans le cas pr\u00e9sent) n\u2019est pas une r\u00e9ponse ipse dixit \u00e0 une revendication de titre coutumier. Il peut y avoir des cas o\u00f9 la tuile radicale est grev\u00e9e d&#039;un titre indig\u00e8ne ou coutumier. La nature pr\u00e9cise d\u2019un tel titre coutumier d\u00e9pend des pratiques et usages de chaque communaut\u00e9 individuelle\u2026 Ce que sont les pratiques et usages individuels en ce qui concerne l\u2019acquisition d\u2019un titre coutumier est une question de preuve quant \u00e0 l\u2019histoire de chaque communaut\u00e9 particuli\u00e8re\u2026 c\u2019est une question de preuve. question de fait qui doit \u00eatre tranch\u00e9e\u2026 par le juge principal des faits en fonction de sa conviction de savoir o\u00f9, sur l\u2019ensemble de la preuve, se trouve la v\u00e9rit\u00e9 de l\u2019affirmation formul\u00e9e.<\/p>\n<p>67. J\u2019accepte enti\u00e8rement cette d\u00e9claration avec respect. D\u2019apr\u00e8s les \u00e9l\u00e9ments de preuve, je suis convaincu que les demandeurs ont, en vertu du r\u00e9gime foncier coutumier maya existant dans le district de Toledo, des droits individuels et communaux sur les terres des villages de Conejo et de Santa Cruz. Ces droits, je trouve, sont de nature usufruiti\u00e8re. C&#039;est-\u00e0-dire le droit d&#039;occuper les terres, de les cultiver, d&#039;y chasser et de p\u00eacher, et d&#039;en prendre pour leur usage et leur profit les fruits et ressources qui en d\u00e9coulent. Le fait que, comme le r\u00e9v\u00e8lent les \u00e9l\u00e9ments de preuve, les demandeurs peuvent b\u00e9n\u00e9ficier d&#039;un titre communal gr\u00e2ce au r\u00e9gime foncier coutumier maya a \u00e9t\u00e9 reconnu par le Conseil priv\u00e9 dans l&#039;affaire Amodu Tijani et l&#039;existence d&#039;un tel titre dans d&#039;autres juridictions. Ce titre coutumier, sa nature et ses incidents ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9cemment r\u00e9affirm\u00e9s par la Cour constitutionnelle sud-africaine en 2003 dans l&#039;affaire Alexkor Ltd. contre Richtersveld Community (2003) 12 BCLR, 130, o\u00f9 le juge en chef Chaskalson, s&#039;exprimant au nom de cette Cour, a d\u00e9clar\u00e9\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab \u00c0 la lumi\u00e8re des \u00e9l\u00e9ments de preuve et des conclusions de la SCA (Cour supr\u00eame d&#039;appel) et de la LCC (Cour des revendications territoriales), nous estimons que le caract\u00e8re r\u00e9el du titre que poss\u00e9dait la Communaut\u00e9 du Richtersveld en la mati\u00e8re la terre \u00e9tait un droit de propri\u00e9t\u00e9 communautaire en vertu du droit autochtone. Le contenu de ce droit comprenait le droit \u00e0 l&#039;occupation et \u00e0 l&#039;utilisation exclusives du terrain en question par les membres de la Communaut\u00e9. La Communaut\u00e9 avait le droit d\u2019utiliser ses eaux, d\u2019utiliser ses terres pour le p\u00e2turage et la chasse et d\u2019exploiter ses ressources naturelles en surface et sous la surface. (c&#039;est nous qui soulignons)<\/p>\n<p>68. Je suis donc d&#039;avis que, d&#039;apr\u00e8s les \u00e9l\u00e9ments de preuve pr\u00e9sent\u00e9s dans cette affaire, le titre communal sur les terres des villages de Conejo et de Santa Cruz, dans le district de Toledo, appartient aux demandeurs, conform\u00e9ment au r\u00e9gime foncier coutumier maya. La nature de ce titre est communautaire, autorisant les membres de la communaut\u00e9 \u00e0 occuper et \u00e0 utiliser les terres pour l&#039;agriculture, la chasse, la p\u00eache et l&#039;utilisation des ressources qui s&#039;y trouvent ainsi qu&#039;\u00e0 d&#039;autres fins culturelles et spirituelles, conform\u00e9ment au droit coutumier et \u00e0 l&#039;usage maya.<\/p>\n<p>69. Le c\u0153ur et la nature de la D\u00e9fense<\/p>\n<p>Bien que les parties se soient entendues sur des questions dont la d\u00e9termination rel\u00e8verait strictement de la comp\u00e9tence de ce jugement, par souci d&#039;\u00e9quit\u00e9 envers les d\u00e9fendeurs, je dois exposer l&#039;essentiel de leur argument tel que je le comprends. D&#039;apr\u00e8s la d\u00e9fense modifi\u00e9e, qui, comme je l&#039;ai d\u00e9j\u00e0 fait remarquer, a \u00e9t\u00e9 faite sous l&#039;impulsion de la Cour et assez tard, les d\u00e9positions des t\u00e9moins de la d\u00e9fense (tous sous serment), le seul t\u00e9moignage oral des accus\u00e9s a \u00e9t\u00e9 celui de M. Munoz du Bureau de presse du gouvernement qui a pr\u00e9sent\u00e9 en preuve une vid\u00e9o silencieuse de certains villages mayas, sans inclure les deux villages du district de Toledo dans cette affaire, et les arguments, tant oraux qu&#039;\u00e9crits, de Mme Nichola Cho, l&#039;\u00e9minente avocate des accus\u00e9s, Ils semblaient avoir dress\u00e9 leur tente contre les revendicateurs sur le principal motif de la souverainet\u00e9 britannique sur le Honduras britannique. Ce fait historique constitue l\u2019\u00e9l\u00e9ment central de la d\u00e9fense. Selon ce fait historique, toute revendication ou tout titre foncier que les demandeurs auraient pu d\u00e9tenir a \u00e9t\u00e9 \u00e9teint en vertu de la souverainet\u00e9 britannique sur le territoire. Le Belize est bien s\u00fbr devenu ind\u00e9pendant le 21 septembre 1981 et ses gouvernements ind\u00e9pendants ont succ\u00e9d\u00e9 \u00e0 la souverainet\u00e9 qui appartenait \u00e0 la Couronne britannique. Cette souverainet\u00e9, poursuit l&#039;argument, a \u00e9t\u00e9 attest\u00e9e et consolid\u00e9e, en ce qui concerne les terres et les titres y aff\u00e9rents, par la s\u00e9rie d&#039;ordonnances sur les terres de la Couronne. Les accus\u00e9s ont produit en preuve des copies de certaines de ces ordonnances. L&#039;ordonnance de 1886 sur les terres de la Couronne a finalement \u00e9t\u00e9 abrog\u00e9e et remplac\u00e9e par la loi sur les terres nationales en 1992 \u2013 chapitre 191 de 2000, \u00e9dition r\u00e9vis\u00e9e des lois du Belize.<br \/>\n70. Des concessions de terres et des baux ont \u00e9t\u00e9 accord\u00e9s en vertu de l&#039;ordonnance sur les terres de la Couronne sous l&#039;administration coloniale du Honduras britannique et ont continu\u00e9 \u00e0 \u00eatre accord\u00e9s en vertu de la loi fonci\u00e8re nationale de 1992.<\/p>\n<p>71. Par cons\u00e9quent, il a \u00e9t\u00e9 avanc\u00e9 pour les d\u00e9fendeurs que le titre ou tout droit foncier des demandeurs avait \u00e9t\u00e9 \u00e9teint, de sorte qu&#039;ils ne peuvent d\u00e9sormais revendiquer aucun droit ou titre foncier fond\u00e9 sur le r\u00e9gime foncier coutumier maya. La souverainet\u00e9 territoriale acquise, d&#039;abord par la Couronne, \u00e0 laquelle a succ\u00e9d\u00e9 le gouvernement ind\u00e9pendant du Belize, avait \u00e9teint tout droit ou int\u00e9r\u00eat foncier non accord\u00e9 par cette derni\u00e8re (c&#039;est-\u00e0-dire les d\u00e9fendeurs), selon l&#039;argumentation.<\/p>\n<p>72. Il existe de nombreux et excellents r\u00e9cits sur les origines, le d\u00e9veloppement et les progr\u00e8s de la colonie de la baie du Honduras, \u00e0 partir de laquelle l&#039;\u00c9tat-nation actuel du Belize a \u00e9volu\u00e9. Ce d\u00e9veloppement a vu la maturation du pays depuis ses premi\u00e8res origines en tant que colonie de b\u00fbcherons anglais vers 1759, jusqu&#039;\u00e0 sa d\u00e9claration officielle en tant que colonie de la Couronne britannique en mai 1862 et plus tard jusqu&#039;\u00e0 sa proclamation d&#039;ind\u00e9pendance le 21 septembre 1981 \u2013 voir le jugement du Conseil priv\u00e9 dans l&#039;affaire Procureur g\u00e9n\u00e9ral du Honduras britannique contre Bristowe (1880) 6 App. Cas. 143 (CP), aux pp. 146 \u00e0 148, pour un r\u00e9cit judiciaire du d\u00e9veloppement historique du pays jusqu&#039;\u00e0 son statut de colonie de la Couronne. Nous reviendrons sur cette affaire plus tard.<\/p>\n<p>73. Toutefois, aux fins du pr\u00e9sent jugement, j&#039;ai principalement gard\u00e9 \u00e0 l&#039;esprit les informations contenues aux paragraphes 9 et suivants du deuxi\u00e8me affidavit de Richard Wilk.<\/p>\n<p>Le professeur Wilk s&#039;appuie sur des sources \u00e9crites et archivistiques et fait de nombreuses r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 la collection faisant autorit\u00e9 \u00e9dit\u00e9e par Sir John Alder Burdon entre 1931 et 1934 intitul\u00e9e Archives of British Honduras: Being Extracts and Pr\u00e9cis Taken by a Committee from such Records as Exist on the Colony.<\/p>\n<p>74. Ce qui est aujourd&#039;hui le district de Toledo, o\u00f9 sont situ\u00e9es les terres en cause dans la pr\u00e9sente affaire, est devenu une partie de la colonie de la Baie du Honduras en 1859, lorsque les limites sud de la colonie ont \u00e9t\u00e9 formellement convenues par la Convention de 1859 entre Sa Majest\u00e9 et la R\u00e9publique de Le Guatemala par rapport \u00e0 la fronti\u00e8re du Honduras britannique s&#039;\u00e9tendant jusqu&#039;\u00e0 la rivi\u00e8re Sarstoon au sud jusqu&#039;aux chutes Gracias a Dios<\/p>\n<p>75. Le 12 mai 1862, la Couronne britannique, par lettres patentes, cr\u00e9a la colonie du Honduras britannique. La Couronne acquiert donc la souverainet\u00e9 sur le territoire de l&#039;ensemble du Honduras britannique.<\/p>\n<p>76. Le changement ou l\u2019acquisition de la souverainet\u00e9 territoriale a-t-il \u00e9teint les droits et int\u00e9r\u00eats pr\u00e9existants sur la terre ?<\/p>\n<p>\nL&#039;acquisition de la souverainet\u00e9 sur le territoire de ce qui est aujourd&#039;hui l&#039;\u00c9tat ind\u00e9pendant du Belize, d&#039;abord par la Couronne, puis par les gouvernements ind\u00e9pendants successifs (y compris les d\u00e9fendeurs), a-t-elle submerg\u00e9 ou \u00e9radiqu\u00e9 tout int\u00e9r\u00eat ou droit \u00e0 la terre que le peuple maya pourrait avoir avait? Comme je l&#039;ai constat\u00e9 aux par. 61 \u00e0 63 ci-dessus, il y avait une pr\u00e9sence maya de longue date dans le sud du Belize bien avant et apr\u00e8s l&#039;acquisition de la souverainet\u00e9 sur la r\u00e9gion par la Couronne et plus tard par l&#039;\u00c9tat ind\u00e9pendant du Belize.<\/p>\n<p>77. J\u2019ai examin\u00e9 avec soin et attention cet aspect de cette affaire. Je suis cependant convaincu et confort\u00e9 par les autorit\u00e9s que l&#039;acquisition de la souverainet\u00e9 sur le Belize, d&#039;abord par la Couronne, puis par des gouvernements ind\u00e9pendants, n&#039;a pas d\u00e9plac\u00e9, lib\u00e9r\u00e9 ou \u00e9teint les int\u00e9r\u00eats et les droits fonciers pr\u00e9existants. La simple acquisition ou le changement de souverainet\u00e9 n\u2019\u00e9teignait pas en soi le titre ou les int\u00e9r\u00eats pr\u00e9existants sur la terre.<\/p>\n<p>78. En particulier, je ne pense pas qu&#039;il soit logique, raisonnable ou juste de consid\u00e9rer que le trait\u00e9 de 1859 avec le Guatemala, en \u00e9tendant les fronti\u00e8res m\u00e9ridionales du Honduras britannique (aujourd&#039;hui Belize) jusqu&#039;au fleuve Sarstoon, a n\u00e9cessairement \u00e9teint les droits pr\u00e9existants du Honduras. ou les int\u00e9r\u00eats des habitants mayas de la r\u00e9gion sur leurs terres. La Couronne, par une combinaison de divers trait\u00e9s avec l&#039;Espagne et plus tard avec le Guatemala, a d&#039;abord acquis des int\u00e9r\u00eats dans le Honduras britannique et, par une occupation et une administration efficaces, ainsi qu&#039;au fil du temps, a acquis la souverainet\u00e9 sur le territoire qu&#039;elle a l\u00e9galement transmis au Belize ind\u00e9pendant le 21. Septembre 1981. Cette souverainet\u00e9 n\u2019a cependant pas affect\u00e9, modifi\u00e9 ou \u00e9teint les droits pr\u00e9existants du peuple maya sur ses terres.<\/p>\n<p>79. Il ressort clairement des \u00e9l\u00e9ments de preuve que, tout au long du drame qui s&#039;est d\u00e9roul\u00e9 autour du territoire, d&#039;abord entre l&#039;Espagne, puis le Guatemala, d&#039;une part, et les autorit\u00e9s britanniques, d&#039;autre part, le peuple maya a toujours v\u00e9cu sur ses terres. Il y a eu un certain d\u00e9placement forc\u00e9 de certains peuples mayas par les autorit\u00e9s espagnoles de certaines parties du pays\u00a0; mais il n\u2019en reste pas moins qu\u2019ils n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement supprim\u00e9s de mani\u00e8re \u00e0 rendre la terre terra nullius la rendant sans propri\u00e9taire ou inoccup\u00e9e. Les Mayas, qui sont les indig\u00e8nes du pays, sont rest\u00e9s en nombre fluctuant. Et d\u2019apr\u00e8s les preuves, certains de ceux dont les anc\u00eatres avaient \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9s sont revenus sur leurs terres ancestrales. Les fronti\u00e8res coloniales avec le Guatemala \u00e9taient tr\u00e8s fluides. (voir le par. 19 de l&#039;affidavit conjoint de Choc et autres; le par. 48 du premier affidavit de Wilk; les par. 63 \u00e0 65 du premier affidavit de Jones et les par. 48 \u00e0 50 du premier affidavit de Wainwright) et le par. 62 ci-dessus.<\/p>\n<p>80. En tout \u00e9tat de cause, aucune preuve ne me permet de conclure que les Mayas du sud du Belize, en tant qu&#039;habitants autochtones, ont c\u00e9d\u00e9 leurs terres ou ont laiss\u00e9 les prendre comme butin de conqu\u00eate lorsque les fronti\u00e8res du Honduras britannique ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tendues au sud du Honduras. Rivi\u00e8re Sibun en 1859, pour inclure ce qui est aujourd&#039;hui le district de Tol\u00e8de. Il n\u2019existe aucune preuve d\u2019une quelconque consultation avec les indig\u00e8nes Mayas, ni m\u00eame qu\u2019ils savaient ce qui arrivait \u00e0 leurs terres. Dans les recoins sombres de leurs for\u00eats, ils ne connaissaient pas, je pense qu&#039;il est juste de supposer, les fronti\u00e8res ou l&#039;extension des fronti\u00e8res telles qu&#039;elles \u00e9taient, vers le sud de la rivi\u00e8re Sibun jusqu&#039;\u00e0 la rivi\u00e8re Sarstoon, qui en est venue \u00e0 \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une propri\u00e9t\u00e9. titre l\u00e9gal et de propri\u00e9t\u00e9 sur leurs terres dans la Couronne britannique (et plus tard pour les d\u00e9fendeurs en tant que gouvernement du Belize, successeur de la Couronne), comme c&#039;est maintenant le cas pour les d\u00e9fendeurs.<\/p>\n<p>81. En effet, comment auraient-ils pu ? Mais les accus\u00e9s ont acquis la souverainet\u00e9 territoriale sur la zone. Ce fait, comme l&#039;ont soutenu les d\u00e9fendeurs, a-t-il \u00e9teint les droits et int\u00e9r\u00eats pr\u00e9existants sur la terre apr\u00e8s l&#039;accession \u00e0 la souverainet\u00e9 territoriale ? Comme je l&#039;ai d\u00e9j\u00e0 dit au paragraphe 77 ci-dessus, j&#039;estime, en toute connaissance de cause, qu&#039;il ne correspondait pas, et je souscris avec respect, \u00e0 la d\u00e9claration de principe sur ce point faite par le juge Brennan de la Haute Cour d&#039;Australie dans l&#039;affaire Mabo et autres c. Queensland (non .2) 145 CFR IFC 92\/04 o\u00f9 il d\u00e9clare au paragraphe 61\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab La r\u00e8gle pr\u00e9f\u00e9rable, appuy\u00e9e par les autorit\u00e9s cit\u00e9es (le savant juge ayant d\u00e9j\u00e0 fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un certain nombre d&#039;autorit\u00e9s sur ce point), est qu&#039;un simple changement de souverainet\u00e9 n&#039;\u00e9teint pas le titre foncier indig\u00e8ne (le terme \u00ab titre indig\u00e8ne \u00bb d\u00e9crit commod\u00e9ment les int\u00e9r\u00eats et les droits des habitants autochtones sur les terres, qu&#039;elles soient communautaires, collectives ou individuelles, poss\u00e9d\u00e9es en vertu des lois traditionnelles reconnues et des coutumes traditionnelles observ\u00e9es par les habitants autochtones), la r\u00e8gle pr\u00e9f\u00e9rable assimile les habitants autochtones d&#039;une colonie s\u00e9dentaire aux habitants d&#039;une colonie conquise en ce qui concerne leurs droits et int\u00e9r\u00eats fonciers et reconna\u00eet chez les habitants autochtones d&#039;une colonie s\u00e9dentaire les droits et int\u00e9r\u00eats reconnus par le Conseil priv\u00e9 en Rhod\u00e9sie du Sud comme survivant au b\u00e9n\u00e9fice des r\u00e9sidents d&#039;une colonie conquise.<\/p>\n<p>82. L&#039;ensemble du Belize, y compris le district de Toledo, a bien entendu \u00e9t\u00e9 acquis par la Couronne britannique non pas par conqu\u00eate mais par colonisation. Bien entendu, il ne faut pas n\u00e9gliger la d\u00e9faite historique des forces espagnoles en septembre 1798 par les colons lors de la bataille de St. George&#039;s Caye. Un \u00e9v\u00e9nement populairement comm\u00e9mor\u00e9 le 10 septembre de chaque ann\u00e9e. Il est cependant logique, rationnel et juste de conclure que si les habitants d&#039;une colonie conquise n&#039;avaient pas ipso facto perdu leurs int\u00e9r\u00eats et droits fonciers d&#039;avant la conqu\u00eate, a fortiori donc, les habitants autochtones d&#039;une colonie s\u00e9dentaire n&#039;auraient pas pu perdre les leurs. sans plus, par le simple acte de colonisation ou m\u00eame par la cession de leurs terres \u00e0 un autre ou nouveau souverain. Comme l&#039;a d\u00e9clar\u00e9 le vicomte Haldane dans Amodu Tijani, pr\u00e9cit\u00e9, \u00e0 la p. 407 parlant du trait\u00e9 de cession de 1861 par lequel le roi Docemo de Lagos a c\u00e9d\u00e9 \u00e0 la couronne britannique le port et l&#039;\u00eele de Lagos avec tous les droits, b\u00e9n\u00e9fices, territoires et d\u00e9pendances y aff\u00e9rents\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab Sans aucun doute, il y a eu une cession \u00e0 la Couronne britannique, en m\u00eame temps que la souverainet\u00e9, du titre radical ou ultime sur la terre, dans la nouvelle colonie, mais cette cession semble avoir \u00e9t\u00e9 faite en partant du principe que les droits de propri\u00e9t\u00e9 des habitants devaient \u00eatre pleinement respect\u00e9s. Ce principe est habituel dans la politique et le droit britanniques lorsque de telles occupations ont lieu\u2026 Un simple changement de souverainet\u00e9 ne doit pas \u00eatre pr\u00e9sum\u00e9 comme destin\u00e9 \u00e0 perturber les droits des propri\u00e9taires priv\u00e9s ; et les conditions g\u00e9n\u00e9rales d\u2019une cession doivent \u00e0 premi\u00e8re vue \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9es en cons\u00e9quence. (C&#039;est nous qui soulignons).<br \/>\n83. Il est \u00e9galement important de noter que, quant \u00e0 l\u2019effet des concessions de la Couronne qui ont \u00e9t\u00e9 introduites pour la premi\u00e8re fois au Belize par l\u2019ordonnance sur les terres de la Couronne de 1872, le vicomte Haldane a d\u00e9clar\u00e9 dans Amodu Tijani, aux pp.<\/p>\n<p>&quot;L&#039;introduction du syst\u00e8me de concessions de la Couronne qui a \u00e9t\u00e9 faite ult\u00e9rieurement doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme ayant \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e principalement, sinon exclusivement, \u00e0 des fins de transfert de propri\u00e9t\u00e9, et non dans le but de modifier des titres substantiels d\u00e9j\u00e0 existants.&quot;<\/p>\n<p>84. \u00c0 mon humble avis, ce principe s&#039;applique \u00e9galement aux droits de la Couronne dans ce qui \u00e9tait alors le Honduras britannique et qui d\u00e9coulent des trait\u00e9s avec l&#039;Espagne et plus tard avec le Guatemala. Je suis donc d&#039;avis que, quel que soit le moment o\u00f9 la souverainet\u00e9 territoriale a \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie sur le Belize, ce fait juridique et historique n&#039;a pas, en soi, normalement, sans plus, \u00e9teint les droits pr\u00e9existants ou les int\u00e9r\u00eats fonciers que les peuples autochtones avaient appr\u00e9ci\u00e9.<\/p>\n<p>85. Par cons\u00e9quent, m\u00eame si le trait\u00e9 de 1859 avec le Guatemala, qui \u00e9tendait les fronti\u00e8res m\u00e9ridionales du Honduras britannique (aujourd\u2019hui Belize) jusqu\u2019au fleuve Sarstoon, incorporant ainsi le district de Toledo, pouvait, au plus haut point, \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme ayant effectu\u00e9 une cession, il ne pourrait pas ont agi de mani\u00e8re \u00e0 outrepasser les droits et int\u00e9r\u00eats pr\u00e9existants du peuple maya du sud du Belize sur leurs terres.<\/p>\n<p>86. Je conclus \u00e9galement que l\u2019introduction de concessions de terres par les diverses ordonnances sur les terres de la Couronne, qui ont abouti \u00e0 la loi sur les terres nationales \u2013 chapitre 191 des lois du Belize, RE 2000, n\u2019a pas eu pour effet d\u2019\u00e9teindre la domination maya pr\u00e9existante. les int\u00e9r\u00eats et les droits des gens sur leur terre. Je conclus donc que ni les diff\u00e9rentes ordonnances sur les terres de la Couronne, ni la loi sur les terres nationales de 1992 qui a suivi, n&#039;ont express\u00e9ment ou implicitement outrepass\u00e9 ou \u00e9teint les droits et int\u00e9r\u00eats d\u00e9j\u00e0 existants du peuple maya sur ses terres. Comme Lord Denning l&#039;a d\u00e9clar\u00e9 dans Adeyinka Oyekan et autres c. Musendiku Adele (1957) 1 WLR 876, \u00e0 la p. 880\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab Les tribunaux supposeront que la Couronne britannique (et je puis ajouter dans le contexte de cette affaire, le gouvernement du Belize) entend que les droits de propri\u00e9t\u00e9 des habitants soient pleinement respect\u00e9s. Tandis que la Couronne britannique, en tant que souveraine, peut adopter des lois lui permettant d&#039;acqu\u00e9rir obligatoirement des terres \u00e0 des fins publiques, elle veillera \u00e0 ce qu&#039;une compensation appropri\u00e9e soit accord\u00e9e \u00e0 tous les habitants qui, en vertu de la loi autochtone, y ont un int\u00e9r\u00eat : et les tribunaux d\u00e9clarer les habitants ayant droit \u00e0 une indemnisation selon leurs int\u00e9r\u00eats\u2026 \u00bb<\/p>\n<p>87. Enfin, sur la question du statut et de la force des droits et int\u00e9r\u00eats fonciers pr\u00e9existants en cas de changement de souverainet\u00e9 territoriale, je trouve, avec respect, la d\u00e9cision du Conseil priv\u00e9 dans l&#039;affaire Attorney General of British Honduras (1880) 6. Application. Cas. 143, instructif dans les circonstances de la pr\u00e9sente affaire. Les faits \u00e9taient bri\u00e8vement que M. James Grant, l&#039;un des colons de la colonie du Honduras britannique, avait acquis une propri\u00e9t\u00e9 appel\u00e9e \u00ab Grant&#039;s Work \u00bb par \u00ab emplacement \u00bb conform\u00e9ment au \u00ab Burnaby&#039;s Code \u00bb, qui contenait, entre autres choses, des r\u00e8gles r\u00e9gissant l&#039;attribution des terres. des parcelles de terrain parmi les colons qui sont venues acqu\u00e9rir le nom de \u00ab locations \u00bb. En 1777, M. Grant fit un testament l\u00e9guant cette propri\u00e9t\u00e9 \u00e0 ses esclaves affranchis. Le testament a \u00e9t\u00e9 d\u00fbment homologu\u00e9 et les legs de M. Grant sont entr\u00e9s en possession. La derni\u00e8re des h\u00e9riti\u00e8res survivantes, Mary Grant, qui s&#039;\u00e9tait mari\u00e9e et avait d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 de \u00ab Grant&#039;s Work \u00bb situ\u00e9 \u00e0 Corozal \u00e0 Sittee pour vivre avec son mari, vendit \u00ab Grant&#039;s Work \u00bb en 1870, d&#039;abord \u00e0 M. Bristowe, qui \u00e0 son tour en 1878. l&#039;a revendu au deuxi\u00e8me intim\u00e9, Hunter. L&#039;appelant, le procureur g\u00e9n\u00e9ral du Honduras britannique, a alors intent\u00e9 une action pour violation de propri\u00e9t\u00e9 contre les intim\u00e9s et a revendiqu\u00e9 la propri\u00e9t\u00e9 au nom de la Couronne conform\u00e9ment \u00e0 l&#039;ordonnance sur les terres de la Couronne de 1872.<\/p>\n<p>Le Conseil priv\u00e9 a d\u00e9cid\u00e9 que les l\u00e9gataires de M. Grant avaient transmis un titre valide aux intim\u00e9s, non affect\u00e9s par l&#039;accession de la Couronne \u00e0 la souverainet\u00e9 territoriale en 1817 sur le territoire qu&#039;elle poss\u00e9dait avant m\u00eame la d\u00e9claration officielle du statut colonial du territoire en 1862. Il en \u00e9tait ainsi, le Conseil a raisonn\u00e9 parce que \u00ab\u2026 dans l&#039;intervalle qui s&#039;est \u00e9coul\u00e9 entre la retraite des Espagnols en 1798 (comme leurs Seigneuries ont choisi par euph\u00e9misme de d\u00e9crire la d\u00e9route des Espagnols lors de la bataille de St. George&#039;s Caye de cette ann\u00e9e-l\u00e0 !), et l&#039;hypoth\u00e8se de souverainet\u00e9 territoriale par la Couronne britannique, la pleine possession de la terre avait \u00e9t\u00e9 prise par les l\u00e9gataires, et cette possession avait \u00e9t\u00e9 continu\u00e9e par eux et leurs ayants droit\u2026 \u00bb<\/p>\n<p>M\u00eame si le r\u00e9gime foncier coutumier en cause dans cette affaire \u00e9tait celui des colons blancs fond\u00e9 sur le Code de Burnaby, il \u00e9tait \u00e9vident qu&#039;il n&#039;avait pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9 ou \u00e9teint non plus du fait de l&#039;hypoth\u00e8se par la Couronne de la souverainet\u00e9 territoriale sur le territoire, certainement avant et apr\u00e8s 1798. ou par la d\u00e9claration formelle du territoire comme colonie de la Couronne en 1862 et la promulgation de l&#039;Ordonnance sur les terres de la Couronne en 1872. De telles lois relatives \u00e0 la possession des terres \u00e9taient en fait express\u00e9ment maintenues en vigueur par l&#039;article 62 de cette ordonnance.<\/p>\n<p>88. De la m\u00eame mani\u00e8re, je pense donc qu&#039;il est tout \u00e0 fait juste et logique de consid\u00e9rer que, nonobstant ou malgr\u00e9 l&#039;extension des fronti\u00e8res sud du territoire par le trait\u00e9 de 1859 avec le Guatemala et l&#039;extension ou la prise en charge de la souverainet\u00e9 territoriale de la Couronne sur ce territoire , les droits pr\u00e9existants des peuples indig\u00e8nes Mayas sur leurs droits et int\u00e9r\u00eats sur leurs terres, ont \u00e9t\u00e9 et restent, \u00e0 mon avis, inchang\u00e9s et maintenus en vigueur.<\/p>\n<p>89. En cons\u00e9quence, j&#039;estime que l&#039;argument des d\u00e9fendeurs selon lequel les droits et int\u00e9r\u00eats des demandeurs sur leurs terres ont \u00e9t\u00e9 \u00e9teints est inutile \u00e0 la lumi\u00e8re et dans les circonstances de la pr\u00e9sente affaire. L\u2019extinction des droits ou des int\u00e9r\u00eats fonciers ne doit pas \u00eatre d\u00e9duite \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re. Il faut, \u00e0 mon avis, une intention l\u00e9gislative claire et claire et des mesures pour y parvenir. Je ne trouve aucune preuve de cela dans cette affaire, car je ne trouve aucune autorit\u00e9 \u00e0 ce sujet dans aucune des nombreuses ordonnances sur les terres de la Couronne qui m&#039;ont \u00e9t\u00e9 soumises dans cette affaire. En fait, \u00e0 l\u2019article 62 de l\u2019ordonnance sur les terres de la Couronne de 1872, la premi\u00e8re d\u2019une s\u00e9rie d\u2019ordonnances sur les terres de la Couronne dans la colonie du Honduras britannique jusqu\u2019\u00e0 la promulgation de la loi sur les terres nationales en 1992, il \u00e9tait express\u00e9ment pr\u00e9vu que \u00ab\u00a0Toutes les lois existantes relatives \u00e0 la possession des terres \u00e0 l&#039;int\u00e9rieur de la colonie et leur arpentage restent en vigueur dans la mesure o\u00f9 elles ne peuvent pas \u00eatre incompatibles ou r\u00e9pugnantes avec les dispositions de la pr\u00e9sente ordonnance. Cela ne pouvait certainement pas \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 comme excluant le r\u00e9gime foncier coutumier des Mayas, qui, d&#039;apr\u00e8s les preuves, existait sur le territoire avant m\u00eame le contact avec les Europ\u00e9ens. Et je ne trouve rien dans le r\u00e9gime foncier coutumier maya qui puisse \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme incompatible ou r\u00e9pugnant \u00e0 l&#039;ordonnance sur les terres de la Couronne. Il est donc difficile de consid\u00e9rer que ce syst\u00e8me de droit relatif \u00e0 la possession des terres ait \u00e9t\u00e9 \u00e9teint : il aurait fallu une intention plus claire et plus directe pour le faire. Cette justification \u00e9tayerait peut-\u00eatre les jugements du juge en chef Parker de la Cour supr\u00eame de l&#039;\u00e9poque du Honduras britannique et du Conseil priv\u00e9 qui ont justifi\u00e9 le syst\u00e8me de localisation par lequel le d\u00e9fendeur\/d\u00e9fendeur avait acquis les \u00ab \u0153uvres de Grant \u00bb dans l&#039;affaire du procureur g\u00e9n\u00e9ral du Honduras britannique. supra.<\/p>\n<p>90. Encore une fois, j\u2019adopte avec respect la d\u00e9claration du juge Brennan dans Mabo dans son analyse de l\u2019extinction et du titre foncier autochtone, lorsqu\u2019il a d\u00e9clar\u00e9, au par. 75\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab \u2026 l\u2019exercice d\u2019un pouvoir d\u2019extinction d\u2019un titre autochtone doit r\u00e9v\u00e9ler une intention claire et claire de le faire, que l\u2019action soit prise par le pouvoir l\u00e9gislatif ou par l\u2019ex\u00e9cutif. Cette exigence, qui d\u00e9coule de la gravit\u00e9 des cons\u00e9quences pour les habitants autochtones de l\u2019extinction de leurs droits et int\u00e9r\u00eats traditionnels sur la terre, a \u00e9t\u00e9 soulign\u00e9e \u00e0 plusieurs reprises par les tribunaux charg\u00e9s de l\u2019extinction du titre autochtone sur les terres indiennes en Am\u00e9rique du Nord\u2026 \u00bb<\/p>\n<p>91. Quant \u00e0 la question des r\u00e9serves qui ont figur\u00e9 dans les affidavits dans cette affaire, et comme le pr\u00e9voient \u00e0 la fois les Lois sur les terres de la Couronne et l&#039;article 6 de la Loi sur les terres nationales, je suis enclin \u00e0 \u00eatre d&#039;accord avec le juge Brennan lorsqu&#039;il a d\u00e9clar\u00e9 au para . 76\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab A fortiori, une loi qui r\u00e9serve ou autorise la r\u00e9servation de terres \u00e0 la vente dans le but de permettre aux habitants indig\u00e8nes et \u00e0 leurs descendants de jouir de leur titre natif n\u2019entra\u00eene aucune extinction. \u00bb<\/p>\n<p>92. C&#039;est pour toutes ces raisons que je conclus et consid\u00e8re que l&#039;acquisition de la souverainet\u00e9 territoriale par les d\u00e9fendeurs, en tant que gouvernement du Belize, successeur lin\u00e9aire de la Couronne, et le syst\u00e8me de r\u00e9serves introduit sur certaines parties du territoire, par les ordonnances sur les terres de la Couronne et la loi sur les terres nationales n&#039;ont pas \u00e9teint les droits et les int\u00e9r\u00eats des demandeurs sur les terres des autochtones. Les d\u00e9fendeurs ont \u00e9t\u00e9 investis du titre radical ou ultime sur la terre, qu&#039;ils poss\u00e8dent sans aucun doute sur toutes les terres du Belize, lorsque la souverainet\u00e9 territoriale a \u00e9t\u00e9 d\u00e9volue d&#039;abord \u00e0 la Couronne puis au gouvernement du Belize, mais ce titre est grev\u00e9 des droits pr\u00e9existants. et les int\u00e9r\u00eats des demandeurs sur la terre, et ceux-ci ont surv\u00e9cu \u00e0 l&#039;acquisition de la souverainet\u00e9 par les d\u00e9fendeurs\u00a0; car un simple changement de souverainet\u00e9 ne doit pas \u00eatre pr\u00e9sum\u00e9 comme destin\u00e9 \u00e0 perturber les droits des propri\u00e9taires priv\u00e9s. La r\u00e8gle pr\u00e9f\u00e9rable, comme l\u2019a \u00e9nonc\u00e9 le juge Brennan dans Mabo, pr\u00e9cit\u00e9, au par. 61, point de vue auquel je souscris respectueusement, est qu&#039;un simple changement de souverainet\u00e9 n&#039;\u00e9teint pas le titre foncier autochtone. C&#039;est-\u00e0-dire les droits et int\u00e9r\u00eats des habitants autochtones sur la terre avant l&#039;acquisition ou le changement de souverainet\u00e9.<\/p>\n<p>93. Je conclus donc que les villageois de Conejo et de Santa Cruz, qui font partie du peuple autochtone maya du district de Toledo, ont des int\u00e9r\u00eats fonciers fond\u00e9s sur le r\u00e9gime foncier coutumier maya qui survivent encore et existent toujours.<\/p>\n<p>94. Les implications constitutionnelles des int\u00e9r\u00eats fonciers des demandeurs fond\u00e9s sur le r\u00e9gime foncier coutumier maya<\/p>\n<p>\nJ&#039;en viens maintenant \u00e0 l&#039;examen des implications constitutionnelles de la reconnaissance du fait que les demandeurs ont des int\u00e9r\u00eats fonciers fond\u00e9s sur le r\u00e9gime foncier coutumier maya. Il s\u2019agit l\u00e0 de la troisi\u00e8me question sur laquelle les parties se sont entendues dans cette affaire. Ils ont toutefois subdivis\u00e9 cette question en quatre sous-titres, tous touchant et concernant la Constitution du Belize, en particulier certaines de ses dispositions traitant de la protection des droits humains fondamentaux dans sa partie II.<\/p>\n<p>95. Je dois d&#039;abord pr\u00e9ciser qu&#039;en vertu du droit constitutionnel du Belize, la l\u00e9galit\u00e9 et donc la validit\u00e9 de l&#039;exercice d&#039;un pouvoir souverain ou de tout pouvoir relevant du domaine de droit public, d\u00e9pend de l&#039;autorit\u00e9 conf\u00e9r\u00e9e \u00e0 l&#039;organe de gouvernement cens\u00e9 l&#039;exercer. La Constitution du Belize, d\u00e9clar\u00e9e par son article 2 comme \u00e9tant la loi supr\u00eame, d\u00e9termine l\u2019\u00e9tendue de l\u2019autorit\u00e9 permettant d\u2019exercer tout pouvoir sur les questions r\u00e9gies par le droit municipal, y compris les droits et int\u00e9r\u00eats fonciers \u2013 Mabo supra, par. 73.<\/p>\n<p>96. (a) Les int\u00e9r\u00eats des demandeurs sur les terres fond\u00e9s sur le r\u00e9gime foncier coutumier maya constituent-ils une \u00ab propri\u00e9t\u00e9 \u00bb prot\u00e9g\u00e9e par les articles 3(d) et 17 de la Constitution ?<\/p>\n<p>Le point de d\u00e9part ici, je pense, est le pr\u00e9ambule de la Constitution du Belize qui, par un amendement introduit par la loi n\u00b0 2 de 2001, fait d\u00e9sormais explicitement r\u00e9f\u00e9rence au groupe collectif auquel appartiennent sans aucun doute les demandeurs, \u00e0 savoir les peuples autochtones du Belize. . Le pr\u00e9ambule pr\u00e9cise notamment :<\/p>\n<p>\u00ab ATTENDU QUE le peuple du Belize\u2026 (a) affirme que la Nation du Belize sera fond\u00e9e sur des principes qui reconnaissent\u2026 la foi dans les droits de l&#039;homme et les libert\u00e9s fondamentales\u2026 et les droits \u00e9gaux et inali\u00e9nables dont sont dot\u00e9s tous les membres de la famille humaine\u2026 ( e) exiger des politiques d&#039;\u00c9tat qui prot\u00e8gent\u2026 l&#039;identit\u00e9, la dignit\u00e9 et les valeurs sociales et culturelles des B\u00e9liziens, y compris les peuples autochtones du Belize\u2026 dans le respect du droit international et des obligations conventionnelles dans les relations entre les nations. (C&#039;est nous qui soulignons).<\/p>\n<p>97. Les prescriptions normatives de la Constitution concernant la propri\u00e9t\u00e9 figurent aux articles 3 d) et 17.<\/p>\n<p>L\u2019article 3(d) pr\u00e9voit\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab(d) la protection contre la privation arbitraire de propri\u00e9t\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p>\nEt l\u2019article 17 pr\u00e9voit :<\/p>\n<p>\u00ab 17. (1) Aucune propri\u00e9t\u00e9 de quelque sorte que ce soit ne doit \u00eatre obligatoirement prise possession et aucun int\u00e9r\u00eat ou droit sur une propri\u00e9t\u00e9 de quelque sorte que ce soit ne doit \u00eatre obligatoirement acquis sauf par ou en vertu d&#039;une loi qui \u2013<\/p>\n<p>a) prescrit les principes sur la base desquels et la mani\u00e8re dont une indemnisation raisonnable doit \u00eatre d\u00e9termin\u00e9e et vers\u00e9e dans un d\u00e9lai raisonnable\u00a0; et<\/p>\n<p>(b) garantit \u00e0 toute personne revendiquant un int\u00e9r\u00eat ou un droit sur la propri\u00e9t\u00e9 un droit d\u2019acc\u00e8s aux tribunaux aux fins de \u2013 \u00ab (c\u2019est nous qui soulignons)<\/p>\n<p>Et le paragraphe (2) contient des exceptions \u00e0 l&#039;expropriation de biens en vertu de toute loi qui ne pourrait pas enfreindre l&#039;interdiction de la constitution sur l&#039;acquisition obligatoire de biens. Rien de tout cela n\u2019est applicable dans ce cas.<\/p>\n<p>98. Bien qu&#039;il n&#039;y ait aucune d\u00e9finition de ce qu&#039;est une \u00ab propri\u00e9t\u00e9 \u00bb dans la Constitution, m\u00eame apr\u00e8s avoir pr\u00e9vu sa protection, une d\u00e9finition utile est cependant fournie de mani\u00e8re appropri\u00e9e dans l&#039;article 2 de la loi sur le droit de la propri\u00e9t\u00e9 \u2013 chapitre 190 des lois du Belize de 2000, \u00e9dition r\u00e9vis\u00e9e. . Cela va dans le sens que \u00ab\u00a0la propri\u00e9t\u00e9 comprend toute chose en action et tout int\u00e9r\u00eat dans des biens immobiliers et personnels\u00a0\u00bb. (C&#039;est nous qui soulignons)<\/p>\n<p>99. \u00c0 la lumi\u00e8re des conclusions auxquelles je suis parvenu dans cette affaire concernant les premi\u00e8re et deuxi\u00e8me questions convenues par les parties pour trancher cette affaire, je suis d&#039;avis que les int\u00e9r\u00eats des demandeurs sur des terres bas\u00e9es sur des terres coutumi\u00e8res mayas Les droits fonciers m\u00e9ritent clairement la protection accord\u00e9e \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 par la Constitution du Belize. Autrement dit, ces droits et int\u00e9r\u00eats des demandeurs selon le r\u00e9gime foncier coutumier maya constituent, aux termes de la Constitution, une \u00ab propri\u00e9t\u00e9 \u00bb et devraient \u00eatre facilement reconnaissables.<\/p>\n<p>100. Je suis confort\u00e9 dans cette conclusion par les conclusions du rapport de la Commission interam\u00e9ricaine dans l&#039;affaire des Communaut\u00e9s Mayas, pr\u00e9cit\u00e9es, lorsque j&#039;examine le cas des requ\u00e9rants \u00e0 la lumi\u00e8re des dispositions de l&#039;article XXIII de la D\u00e9claration am\u00e9ricaine des droits et Devoirs de l&#039;homme, qui fait partie int\u00e9grante de la Charte de l&#039;Organisation des \u00c9tats am\u00e9ricains dont le Belize est membre. Cet article pr\u00e9voit, de mani\u00e8re assez similaire \u00e0 la Constitution du Belize, la protection de la propri\u00e9t\u00e9. La Commission a d\u00e9clar\u00e9 aux paragr. 127 et 131 de son rapport :<\/p>\n<p>\u00ab (L)es peuples Mopan et Ke&#039;kchi Maya ont d\u00e9montr\u00e9 un droit de propri\u00e9t\u00e9 communautaire sur les terres qu&#039;ils habitent actuellement dans le district de Toledo. Ces droits d\u00e9coulent de l\u2019utilisation et de l\u2019occupation de longue date du territoire par le peuple maya, qui\u2026 ant\u00e9rieures \u00e0 la colonisation europ\u00e9enne et se sont \u00e9tendus \u00e0 l\u2019utilisation de la terre et de ses ressources \u00e0 des fins li\u00e9es \u00e0 la survie physique et culturelle des communaut\u00e9s mayas\u2026 le droit de propri\u00e9t\u00e9 communautaire du peuple maya fait l\u2019objet d\u2019une protection en vertu de l\u2019article XXIII de la D\u00e9claration am\u00e9ricaine\u2026 \u00bb (c\u2019est nous qui soulignons).<\/p>\n<p>101. M\u00eame s\u2019il n\u2019est pas facile de d\u00e9terminer la nature et les incidences du titre autochtone ; et comme le vicomte Haldane l&#039;a averti dans Amodu Tijani supra, l&#039;envie de le caract\u00e9riser selon les concepts familiers du droit anglais devrait \u00eatre ma\u00eetris\u00e9e, les titres ou int\u00e9r\u00eats autochtones ont leur origine et leur contenu par le droit traditionnel reconnu par et les coutumes traditionnelles. observ\u00e9e par les habitants autochtones d\u2019un territoire. La nature et les incidences du titre autochtone doivent \u00eatre \u00e9tablies en fait par r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 ces lois et coutumes \u2013 Mabo, pr\u00e9cit\u00e9, par. 64. Le titre autochtone est d\u00e9sormais consid\u00e9r\u00e9 \u00e0 juste titre comme sui generis \u2013 Delgamuukw c Colombie-Britannique (1997) 3 RCS 1010.<\/p>\n<p>Il est d\u00e9sormais \u00e9galement admis que le titre autochtone s&#039;\u00e9tend \u00e0 tous les droits des habitants autochtones sur les terres, qu&#039;ils soient communautaires, groupes ou individuels, poss\u00e9d\u00e9s en vertu des lois et coutumes traditionnelles\u00a0: voir de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale The Reception of England Law Abroad, BH McPherson (publication de 2007 de la Cour supr\u00eame du Queensland). ) aux pp. 50 \u00e0 58 et les arr\u00eats cit\u00e9s.<\/p>\n<p>102. Je conclus donc que les droits et int\u00e9r\u00eats des demandeurs sur les terres fond\u00e9s sur le r\u00e9gime foncier coutumier maya ne sont pas \u00e9trangers \u00e0 la protection accord\u00e9e par la Constitution du Belize, mais constituent plut\u00f4t une \u00ab propri\u00e9t\u00e9 \u00bb au sens et \u00e0 la protection accord\u00e9s \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral, en particulier ici. de type r\u00e9el, touchant et concernant la terre \u2013 \u00ab propri\u00e9t\u00e9 communautaire \u00bb, peut-\u00eatre, mais propri\u00e9t\u00e9 n\u00e9anmoins, prot\u00e9g\u00e9e par les prescriptions de la Constitution concernant cette institution dans son catalogue protecteur des droits humains fondamentaux \u2013 voir g\u00e9n\u00e9ralement Property and the Constitution, \u00e9dit\u00e9 par Janet McLean ( Hart Publishing (1999)), en particulier le chapitre 4, aux pp. 81 et 82.<\/p>\n<p>De plus, en adoptant les lignes directrices du Conseil priv\u00e9 dans The Queen v Reyes (2002) AC selon lesquelles une interpr\u00e9tation g\u00e9n\u00e9reuse et objective doit \u00eatre donn\u00e9e aux dispositions constitutionnelles prot\u00e9geant les personnes et qu&#039;un tribunal est tenu d&#039;examiner le fond du droit fondamental en cause et assurer la protection contemporaine de ce droit \u00e0 la lumi\u00e8re de l&#039;\u00e9volution des normes de d\u00e9cence qui marquent le progr\u00e8s d&#039;une soci\u00e9t\u00e9 mature, je n&#039;ai aucun doute que les droits et les int\u00e9r\u00eats des demandeurs sur leurs terres, conform\u00e9ment au r\u00e9gime foncier coutumier maya, forment une sorte ou esp\u00e8ces de biens qui m\u00e9ritent la protection que la Constitution du Belize accorde \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral. Il ne fait aucun doute que cette forme de propri\u00e9t\u00e9, d\u2019apr\u00e8s les preuves, nourrit et soutient les demandeurs et leur mode de vie et d\u2019existence m\u00eame.<\/p>\n<p>\n103. b) Les actes et omissions du Gouvernement violent-ils les droits de propri\u00e9t\u00e9 des demandeurs \u00e9nonc\u00e9s aux articles 3 d) et 17 de la Constitution du Belize\u00a0?<\/p>\n<p>\nCette question concerne une plainte de grande envergure d\u00e9pos\u00e9e par les demandeurs contre les d\u00e9fendeurs. Ils affirment que le gouvernement du Belize viole leurs droits de propri\u00e9t\u00e9 en ne reconnaissant pas effectivement leur r\u00e9gime foncier coutumier ou en ne s\u00e9curisant pas leurs terres communales, en accordant \u00e0 des tiers (vraisemblablement non mayas) des concessions pour extraire les ressources naturelles de leurs villages et en pr\u00e9tendant ou en mena\u00e7ant d&#039;accorder des droits de propri\u00e9t\u00e9 sur ces terres qui ne sont pas conformes au r\u00e9gime foncier coutumier maya. Les demandeurs affirment que ces actions et omissions de la part du Gouvernement du Belize s&#039;inscrivent dans le cadre d&#039;un vaste m\u00e9pris total des droits de propri\u00e9t\u00e9 coutumiers des Mayas dans tout le district de Tol\u00e8de,<\/p>\n<p>104. Les demandeurs se plaignent \u00e9galement du fait qu&#039;au lieu d&#039;\u00e9tendre la protection juridique et administrative \u00e0 leurs droits de propri\u00e9t\u00e9, les responsables gouvernementaux leur ont dit, ainsi qu&#039;\u00e0 d&#039;autres habitants de leurs villages, qu&#039;ils n&#039;avaient aucun droit s\u00fbr sur leurs terres \u00e0 moins d&#039;obtenir un bail d\u00e9livr\u00e9 par le gouvernement pour ces terres. . Les demandeurs se plaignent en outre que le gouvernement (les d\u00e9fendeurs) a \u00e9galement accord\u00e9 une concession pour mener une exploration p\u00e9troli\u00e8re sur l&#039;ensemble du district de Toledo \u00e0 US Capitol Energy Ltd. et que les tests sismiques et l&#039;exploration p\u00e9troli\u00e8re ont commenc\u00e9 dans le village de Conejo et sur les terres des villages voisins sans Ils ont consult\u00e9 les communaut\u00e9s mayas concern\u00e9es et affirment que cela constitue un m\u00e9pris pour la loi sur le p\u00e9trole.<\/p>\n<p>105. Les demandeurs se plaignent en outre que, malgr\u00e9 l&#039;accord en dix points d&#039;octobre 2000 dans lequel, entre autres choses, le Gouvernement du Belize reconnaissait les droits des Mayas sur les terres et les ressources, les d\u00e9fendeurs se sont comport\u00e9s comme si les droits de propri\u00e9t\u00e9 coutumiers des Mayas ne existent et que m\u00eame dans la d\u00e9fense dans cette affaire, les accus\u00e9s soutiennent que le peuple maya n&#039;a aucun droit foncier coutumier.<\/p>\n<p>106. Les demandeurs ont d\u00e9pos\u00e9 plusieurs affidavits dans lesquels ils affirment que ces diff\u00e9rents actes et omissions des d\u00e9fendeurs qui, selon eux, violent leur droit \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 tel que prot\u00e9g\u00e9 par la Constitution du Belize \u2013 voir le premier affidavit conjoint de Gregorio Choc et autres aux paras. 7 \u2013 8, 12, 18, 32 \u2013 43, par. 17, 18 \u2013 22 du premier affidavit de Manuel Coy\u00a0; par. 19 et 31 du premier affidavit de Manuel Caal\u00a0; par. 53 \u00e0 58 et 7.6 des premier et deuxi\u00e8me affidavits respectivement d&#039;Elizabeth Grandia\u00a0; par. 5 et 7 du premier affidavit d&#039;Andr\u00e9 Cho\u00a0; par. 71 \u00e0 75 du deuxi\u00e8me affidavit de Richard Wilk et du premier affidavit de John Makin, par.<\/p>\n<p>107. Je suis convaincu que les demandeurs ont pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 cette Cour une pl\u00e9thore de preuves attestant du non-respect ou du m\u00e9pris par les d\u00e9fendeurs de leurs droits et int\u00e9r\u00eats sur leurs biens. Le fait que ces droits et int\u00e9r\u00eats sur leur propri\u00e9t\u00e9 soient ancr\u00e9s dans le syst\u00e8me foncier coutumier maya ne les rend pas, \u00e0 mon avis, moins dignes de la protection constitutionnelle accord\u00e9e \u00e0 d&#039;autres formes ou esp\u00e8ces de propri\u00e9t\u00e9. Comme l\u2019a fait remarquer avec respect le juge Brennan, \u00e0 mon avis, dans l\u2019arr\u00eat Mabo, pr\u00e9cit\u00e9, au par. 69\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab \u2026 lorsqu\u2019un peuple autochtone (y compris un clan ou un groupe) en tant que communaut\u00e9 est en possession d\u2019une terre en vertu d\u2019un titre de propri\u00e9t\u00e9 autochtone, sa possession peut \u00eatre prot\u00e9g\u00e9e ou son droit \u00e0 la possession peut \u00eatre renforc\u00e9 par une action repr\u00e9sentative intent\u00e9e au nom du personnes ou par un sous-groupe ou un individu qui intente une action en justice pour prot\u00e9ger ou faire valoir des droits ou des int\u00e9r\u00eats qui d\u00e9pendent du titre autochtone communal\u2026 Un titre autochtone communal s&#039;applique au b\u00e9n\u00e9fice de la communaut\u00e9 dans son ensemble et des sous-groupes et individus au sein de celle-ci. ceux qui ont des droits et des int\u00e9r\u00eats particuliers sur les terres communautaires.<\/p>\n<p>108. En outre, je ne peux m&#039;emp\u00eacher de noter que malgr\u00e9 la reconnaissance explicite des droits de propri\u00e9t\u00e9 du peuple maya sur ses terres traditionnelles dans l&#039;accord en dix points de 2000, dans sa clause 6, les d\u00e9fendeurs n&#039;ont pris aucune mesure significative, selon la preuve, pour d\u00e9limiter, d\u00e9limiter ou autrement \u00e9tablir le cadre n\u00e9cessaire pour clarifier et prot\u00e9ger les terres sur lesquelles ces droits existent. Et cela malgr\u00e9 les efforts des villageois de Conejo en 2005 pour faire affirmer une carte de leur village et ses limites. Ils ont ensuite pr\u00e9sent\u00e9 cette carte au Premier ministre ; mais rien n&#039;est arriv\u00e9.<\/p>\n<p>109. J&#039;ai \u00e9galement examin\u00e9 avec attention cet aspect de la demande des demandeurs. Je suis convaincu que, d&#039;apr\u00e8s la preuve, les actes et omissions des d\u00e9fendeurs concernant les droits et int\u00e9r\u00eats des demandeurs sur leurs terres ne sont pas conformes au r\u00e9gime de protection de la constitution en mati\u00e8re de propri\u00e9t\u00e9. Oui, la protection de la propri\u00e9t\u00e9 par la Constitution consiste \u00e0 rev\u00eatir un bouclier protecteur contre toute privation arbitraire autour de cette propri\u00e9t\u00e9 (article 3 (d) et \u00e0 isoler cette propri\u00e9t\u00e9 de toute prise forc\u00e9e ou de l&#039;acquisition forc\u00e9e de tout int\u00e9r\u00eat dans cette propri\u00e9t\u00e9, sauf et sauf en vertu de une loi qui pr\u00e9voit qu&#039;une indemnisation raisonnable doit \u00eatre d\u00e9termin\u00e9e et vers\u00e9e dans un d\u00e9lai raisonnable et garantit l&#039;acc\u00e8s aux tribunaux \u00e0 la personne concern\u00e9e pour \u00e9tablir ses int\u00e9r\u00eats et d\u00e9terminer si la prise de possession ou l&#039;acquisition d&#039;un int\u00e9r\u00eat \u00e9tait d&#039;utilit\u00e9 publique, et d\u00e9terminer le montant de l&#039;indemnisation \u00e0 laquelle la personne concern\u00e9e peut avoir droit et faire valoir son droit \u00e0 une telle indemnisation (article 17).<\/p>\n<p>110. Bien que les \u00e9l\u00e9ments de preuve r\u00e9v\u00e8lent une atteinte et une violation substantielles des droits et int\u00e9r\u00eats des demandeurs sur leurs terres en raison du non-respect de ces droits et int\u00e9r\u00eats. Je ne suis cependant pas convaincu que cette atteinte atteigne le niveau d&#039;une privation arbitraire ou d&#039;une acquisition forc\u00e9e du type envisag\u00e9 et pr\u00e9vu par la Constitution. Mais cette atteinte viole n\u00e9anmoins la protection que la Constitution accorde \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 dans la mesure o\u00f9 elle a accord\u00e9 des concessions \u00e0 des tiers pour utiliser les propri\u00e9t\u00e9s et les ressources situ\u00e9es sur les terres appartenant aux demandeurs.<\/p>\n<p>111. (c) Les actes et omissions des d\u00e9fendeurs violent-ils le droit des demandeurs \u00e0 l&#039;\u00e9galit\u00e9 garanti par les articles 3 et 16 de la Constitution ?<\/p>\n<p>Les demandeurs affirment que les actes et omissions d\u00e9crits dans les diff\u00e9rents affidavits d\u00e9pos\u00e9s dans cette affaire et imputables aux d\u00e9fendeurs (voir paragraphes 103 \u00e0 106 ci-dessus) violent \u00e9galement leur droit \u00e0 l&#039;\u00e9galit\u00e9 garanti par les articles 3 et 16 de la loi. la Constitution. Cette plainte repose sur l&#039;incapacit\u00e9 des d\u00e9fendeurs \u00e0 fournir une protection juridique \u00e0 leur r\u00e9gime foncier coutumier maya.<\/p>\n<p>112. L&#039;article 3 de la Constitution b\u00e9lizienne garantit les droits et libert\u00e9s fondamentaux \u00e0 \u00ab\u00a0toute personne au Belize\u2026 quelle que soit sa race\u00a0\u00bb\u00a0; et l\u2019article 16 dispose qu\u2019\u00ab\u00a0aucune loi ne doit contenir de dispositions discriminatoires, ni en soi ni dans ses effets, et nul ne doit \u00eatre trait\u00e9 de mani\u00e8re discriminatoire par une personne ou une autorit\u00e9.\u00a0\u00bb Un traitement est discriminatoire aux yeux de la Constitution \u00ab\u00a0lorsqu\u2019il accorde un traitement diff\u00e9rent \u00e0 diff\u00e9rentes personnes, attribuable enti\u00e8rement ou principalement \u00e0 leur description respective par\u2026 race\u2026 (ou) lieu ou origine\u2026 par lequel les personnes d\u2019une telle description sont soumises \u00e0 des handicaps. ou des restrictions auxquelles les personnes d&#039;une autre description ne sont pas soumises ou se voient accorder des privil\u00e8ges ou des avantages qui ne sont pas accord\u00e9s aux personnes d&#039;une autre description \u00bb \u2013 article 16 (3) de la Constitution.<\/p>\n<p>113. La question de savoir si un traitement est effectivement discriminatoire est une question \u00e0 appr\u00e9cier \u00e0 la lumi\u00e8re des circonstances de chaque cas d\u2019esp\u00e8ce. Dans certains cas, le traitement discriminatoire serait si \u00e9vident qu\u2019il serait facilement perceptible comme tel. Compte tenu des faits de cette affaire, je suis convaincu que le traitement accord\u00e9 aux droits et int\u00e9r\u00eats des demandeurs sur leurs terres, en particulier l&#039;incapacit\u00e9 des d\u00e9fendeurs \u00e0 leur fournir le m\u00e9canisme ou la protection n\u00e9cessaire pour exercer pleinement et \u00e9quitablement leurs droits de propri\u00e9t\u00e9 d&#039;autres B\u00e9liziens est, \u00e0 mon avis, discriminatoire et n&#039;est pas conforme au droit \u00e0 l&#039;\u00e9galit\u00e9 garanti par les articles 3 et 16 de la Constitution du Belize. Je trouve que ce traitement discriminatoire d\u00e9coule en grande partie du fait que les demandeurs sont Mayas et pratiquent le syst\u00e8me foncier coutumier de leur peuple. Le fait que les accus\u00e9s n&#039;aient pas reconnu et valid\u00e9 ce syst\u00e8me ne r\u00e9pond pas \u00e0 la garantie constitutionnelle d&#039;\u00e9galit\u00e9 et de non-discrimination et n&#039;est justifiable au titre d&#039;aucune des exceptions contenues dans les sous-sections (6), (7) et (8) de l&#039;article 16.<\/p>\n<p>114. Je partage l\u2019argument des demandeurs selon lequel, en raison de leur aspect communautaire et de leur origine unique, les droits coutumiers mayas sur les terres et les ressources sont par nature diff\u00e9rents du type de droits de propri\u00e9t\u00e9 habituellement respect\u00e9s par les bureaux et minist\u00e8res gouvernementaux. Par cons\u00e9quent, en ne tenant pas compte de cette diff\u00e9rence, par exemple en traitant les baux individualis\u00e9s comme un substitut ad\u00e9quat \u00e0 l&#039;int\u00e9r\u00eat coutumier d&#039;un agriculteur maya sur les terres de son village (tel qu&#039;il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9 dans plusieurs affidavits), et en traitant les terres utilis\u00e9es collectivement par Conejo et Santa Cruz. Les villages \u00e9tant des terres nationales vacantes, les repr\u00e9sentants du gouvernement, en tant qu&#039;agents des d\u00e9fendeurs, agissent de mani\u00e8re discriminatoire \u00e0 l&#039;\u00e9gard des demandeurs.<\/p>\n<p>115. d) Les actes et omissions des d\u00e9fendeurs violent-ils le droit des demandeurs \u00e0 la vie, \u00e0 la libert\u00e9, \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 de la personne et \u00e0 la protection de la loi garantis par les articles 3(a) et 4 de la Constitution\u00a0?<\/p>\n<p>\nLa Constitution du Belize garantit \u00e0 l&#039;article 3(a) que \u00ab toute personne au Belize a droit \u00e0\u2026 la vie, \u00e0 la libert\u00e9, \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 de sa personne et \u00e0 la protection de la loi \u00bb et \u00e0 l&#039;article 4 que \u00ab Nul ne peut \u00eatre priv\u00e9 de sa vie intentionnellement\u2026 \u00bb<\/p>\n<p>116. Il ressort clairement des \u00e9l\u00e9ments de preuve pr\u00e9sent\u00e9s dans cette affaire que les demandeurs mayas d\u00e9pendent de l&#039;agriculture, de la chasse, de la p\u00eache et de la cueillette pour leur survie physique. Il est \u00e9galement clair que les terres qu\u2019ils utilisent et occupent traditionnellement jouent un r\u00f4le central dans leur existence et leur vitalit\u00e9 physique, culturelle et spirituelle. Les demandeurs se sont \u00e9galement plaints dans cette proc\u00e9dure que les actions et omissions des d\u00e9fendeurs en m\u00e9connaissant leurs droits et int\u00e9r\u00eats sur leurs terres traditionnelles violaient la s\u00e9curit\u00e9 de leur \u00eatre et leur refusaient la protection de la loi.<\/p>\n<p>117. Je suis enclin \u00e0 \u00eatre d\u2019accord avec les demandeurs sur ce point car, sans la protection juridique de leurs droits et int\u00e9r\u00eats sur leurs terres coutumi\u00e8res, la jouissance de leur droit \u00e0 la vie ainsi que leur mode de vie et leur bien-\u00eatre seraient s\u00e9rieusement compromis et \u00eatre en danger. Cela, je trouve, ne sera pas conforme aux garanties de la Constitution.<\/p>\n<p>118. Obligations de droit international des d\u00e9fendeurs \u00e0 l&#039;\u00e9gard des demandeurs<\/p>\n<p>Je ne peux pas me retirer de ce jugement sans \u00e9voquer certaines des obligations des d\u00e9fendeurs, en tant que repr\u00e9sentant de l&#039;\u00c9tat du Belize, en droit international. Bien entendu, il s\u2019agit de proc\u00e9dures nationales ; mais il ne fait aucun doute qu&#039;\u00e0 la lumi\u00e8re des questions soulev\u00e9es, ils mettent en jeu, \u00e0 mon avis, certaines des obligations de l&#039;\u00c9tat en droit international. Je trouve que certaines de ces obligations trouvent un \u00e9cho dans certaines dispositions de la Constitution du Belize elle-m\u00eame, auxquelles j&#039;ai fait r\u00e9f\u00e9rence plus t\u00f4t.<\/p>\n<p>119. Les demandeurs, dans les arguments et arguments de leur \u00e9minent avocat, ont fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 certaines de ces obligations. Le Belize, bien entendu, est membre de la communaut\u00e9 internationale et a souscrit aux engagements de certains trait\u00e9s humanitaires internationaux qui ont un impact sur cette affaire. Une partie de cet engagement consiste \u00e0 reconna\u00eetre et \u00e0 prot\u00e9ger les droits des peuples autochtones sur les ressources fonci\u00e8res. Les demandeurs dans cette proc\u00e9dure sont membres de la communaut\u00e9 maya, un groupe autochtone vivant au Belize depuis des temps imm\u00e9moriaux.<\/p>\n<p>120. Obligations conventionnelles<\/p>\n<p>Dans le droit international contemporain, le droit \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 est consid\u00e9r\u00e9 comme incluant les droits des peuples autochtones \u00e0 leurs terres traditionnelles et \u00e0 leurs ressources naturelles. Le Belize est partie \u00e0 plusieurs trait\u00e9s internationaux tels que le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) 999 UNTS 171\u00a0; la Convention sur l&#039;\u00e9limination de toutes les formes de discrimination raciale (CERD), 660 UNTS 195\u00a0; et La Charte de l&#039;Organisation des \u00c9tats am\u00e9ricains (OEA) 119 UNTS 3\u00a0; toutes ces mesures ont \u00e9t\u00e9 interpr\u00e9t\u00e9es comme exigeant que les \u00c9tats respectent les droits des peuples autochtones sur leurs terres et leurs ressources.<\/p>\n<p>121. Par exemple, dans l\u2019affaire Mayagna (Sumo) Awas Tingni Community c. Nicaragua 79 Inter-Am. Ct.HR (Ser C) (2001), cette Cour a statu\u00e9 que\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab Parmi les peuples autochtones, il existe une tradition communautaire concernant une forme communautaire de propri\u00e9t\u00e9 collective de la terre, dans le sens o\u00f9 la propri\u00e9t\u00e9 de la terre n&#039;est pas centr\u00e9e sur un individu mais plut\u00f4t sur le groupe et sa communaut\u00e9. Les groupes autochtones, du fait m\u00eame de leur existence, ont le droit d\u2019aimer librement sur leur propre territoire ; les liens \u00e9troits des peuples autochtones avec la terre doivent \u00eatre reconnus et compris comme la base fondamentale de leur culture, de leur vie spirituelle, de leur int\u00e9grit\u00e9 et de leur survie \u00e9conomique. Pour les communaut\u00e9s autochtones, les relations \u00e0 la terre ne sont pas seulement une question de possession et de production mais un \u00e9l\u00e9ment mat\u00e9riel et spirituel dont elles doivent jouir pleinement, quitte \u00e0 pr\u00e9server leur h\u00e9ritage culturel et \u00e0 le transmettre aux g\u00e9n\u00e9rations futures \u00bb au par. 149.<\/p>\n<p>122. Dans l\u2019affaire des Communaut\u00e9s autochtones mayas pr\u00e9cit\u00e9e, devant la Commission interam\u00e9ricaine des droits de l\u2019homme (un organe de l\u2019Organisation des \u00c9tats am\u00e9ricains dont le Belize est membre) a estim\u00e9 que les droits \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 prot\u00e9g\u00e9s par la Charte de l\u2019OEA par l\u2019article XXIII du la D\u00e9claration am\u00e9ricaine des droits et devoirs de l\u2019homme, \u00ab ne se limitent pas aux int\u00e9r\u00eats de propri\u00e9t\u00e9 d\u00e9j\u00e0 reconnus par les \u00c9tats ou d\u00e9finis par le droit interne, mais plut\u00f4t que le droit \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 a une signification autonome dans le droit international des droits de l\u2019homme. En ce sens, la jurisprudence du syst\u00e8me a reconnu que les droits de propri\u00e9t\u00e9 des peuples autochtones ne sont pas d\u00e9finis exclusivement par les droits au sein du r\u00e9gime formel d&#039;un \u00c9tat, mais incluent \u00e9galement la propri\u00e9t\u00e9 communautaire autochtone qui d\u00e9coule et est fond\u00e9e sur les coutumes et traditions autochtones. para. 171.<\/p>\n<p>123. En tant que partie \u00e0 la CIEDR, je pense qu&#039;on ne peut s\u00e9rieusement affirmer que le Belize a l&#039;obligation de reconna\u00eetre et de prot\u00e9ger les droits fonciers coutumiers mayas des demandeurs, en tant que groupe autochtone. Le Comit\u00e9 des Nations Unies pour l&#039;\u00e9limination de toutes les formes de discrimination raciale (qui a pour mandat de surveiller le respect par les \u00c9tats de la CERD) a confirm\u00e9 que le fait que les \u00c9tats ne reconnaissent pas et ne respectent pas le r\u00e9gime foncier coutumier des autochtones est une forme de discrimination raciale incompatible avec avec le CERD. Le Comit\u00e9 a donc lanc\u00e9 en 1997 un appel aux \u00c9tats\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0de reconna\u00eetre et de prot\u00e9ger les droits des peuples autochtones \u00e0 poss\u00e9der, d\u00e9velopper, contr\u00f4ler et utiliser les terres, territoires et ressources communaux et l\u00e0 o\u00f9 ils ont \u00e9t\u00e9 priv\u00e9s de leurs terres et territoires traditionnellement d\u00e9tenus ou autrement habit\u00e9s ou utilis\u00e9s sans leur consentement libre et \u00e9clair\u00e9, \u00e0 prendre des mesures pour restituer ces terres et territoires. Recommandation g\u00e9n\u00e9rale XXIII : Droits des peuples autochtones par. 5 Doc. ONU A\/52\/18, Annexe V. (18 ao\u00fbt 1997).<\/p>\n<p>124. Le Comit\u00e9, dans une lettre dat\u00e9e du 9 mars 2007 adress\u00e9e aux accus\u00e9s par l&#039;interm\u00e9diaire de l&#039;Ambassadeur du Belize aupr\u00e8s des Nations Unies, a d\u00e9clar\u00e9 qu&#039;il \u00ab est pr\u00e9occup\u00e9 par les informations concernant la privatisation et la location de terres sans la consultation ou le consentement pr\u00e9alable du peuple Maya, ainsi que par les octroi de concessions pour l\u2019exploitation p\u00e9troli\u00e8re, l\u2019exploitation foresti\u00e8re et la production d\u2019hydro\u00e9lectricit\u00e9. (Correspondance du pr\u00e9sident du CERD au repr\u00e9sentant permanent du Belize aupr\u00e8s de l&#039;ONU).<\/p>\n<p>125. \u00c0 mon avis, \u00e9tant donn\u00e9 l&#039;engagement du Belize au titre de la CIEDR, les d\u00e9fendeurs devraient prendre cette communication au s\u00e9rieux et y r\u00e9pondre en cons\u00e9quence.<\/p>\n<p>126. Ces consid\u00e9rations, qui mettent en jeu l&#039;obligation internationale du Belize envers les peuples autochtones, ont donc pes\u00e9 lourdement sur moi dans cette affaire dans l&#039;interpr\u00e9tation des dispositions fondamentales relatives aux droits de l&#039;homme de la Constitution agit\u00e9es par l&#039;ensemble des questions soulev\u00e9es, en particulier les droits \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9, \u00e0 la vie , la s\u00e9curit\u00e9 de la personne, la protection de la loi et le droit \u00e0 ne pas \u00eatre discrimin\u00e9. Je tire un soutien et une inspiration particuliers du pr\u00e9ambule de la Constitution du Belize qui exige que les politiques de l&#039;\u00c9tat \u00ab prot\u00e8gent l&#039;identit\u00e9, la dignit\u00e9 et les valeurs sociales et culturelles des B\u00e9liziens\u2026 y compris les peuples autochtones du Belize \u00bb.<\/p>\n<p>127. Obligations du Belize en vertu du droit international coutumier et des principes g\u00e9n\u00e9raux du droit international<\/p>\n<p>\nMis \u00e0 part les obligations conventionnelles, j\u2019estime que le droit international coutumier et les principes g\u00e9n\u00e9raux du droit international exigeraient que le Belize respecte les droits de ses peuples autochtones sur leurs terres et leurs ressources. Tous deux sont, y compris les trait\u00e9s, les principales sources du droit international : voir l&#039;article 38 de la Cour internationale de Justice. Le droit international coutumier \u00e9volue \u00e0 partir de la pratique des \u00c9tats dans les questions d\u2019int\u00e9r\u00eat international et les \u00ab principes g\u00e9n\u00e9raux \u00bb sont ceux commun\u00e9ment accept\u00e9s par les \u00c9tats et refl\u00e9t\u00e9s dans leurs relations internationales ou dans leurs syst\u00e8mes juridiques nationaux \u2013 Voir Ian Brownlie, Principles of Public International Law (6e \u00e9d.) pp. 15 \u00e0 19. La position selon laquelle le droit international coutumier et les principes g\u00e9n\u00e9raux du droit international sont distincts et ind\u00e9pendants des obligations conventionnelles, qui sont \u00e9galement contraignantes pour les \u00c9tats.<\/p>\n<p>128. Les deux sources du droit international ressortent des instruments internationaux, des rapports et des d\u00e9cisions d\u2019organismes internationaux faisant autorit\u00e9, tels que les commissions\/comit\u00e9s des Nations Unies et ceux des commissions et tribunaux r\u00e9gionaux des droits de l\u2019homme ; les affirmations et les communications des \u00c9tats aux niveaux international et national et les actions des \u00c9tats au niveau international et national \u2013 voir de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale S. James Anaya, Indigenous Peoples in International Law (Oxford Univ. 2nd ed. 2004) pp. 16 \u2013 26.<\/p>\n<p>129. Dans l&#039;affaire Mary et Carrie Dann c. \u00c9tats-Unis, affaire 11.40, rapport n\u00b0 75\/02 de la Commission interam\u00e9ricaine des droits de l&#039;homme en date du 27 d\u00e9cembre 2002, une affaire concernant des revendications de membres du peuple autochtone Shoshone occidental sur des terres en Dans l&#039;\u00c9tat du Nevada, aux \u00c9tats-Unis, la Commission a d\u00e9clar\u00e9 que les principes juridiques internationaux g\u00e9n\u00e9raux dans le contexte des droits de la personne autochtone sont les suivants\u00a0:<\/p>\n<p>\u00b7 \u00ab le droit des peuples autochtones \u00e0 la reconnaissance juridique de leurs formes et modalit\u00e9s vari\u00e9es et sp\u00e9cifiques de contr\u00f4le, de propri\u00e9t\u00e9, d&#039;utilisation et de jouissance de leurs territoires et de leurs biens \u00bb ;<\/p>\n<p>\u00b7 \u00ab la reconnaissance de leurs droits de propri\u00e9t\u00e9 et de propri\u00e9t\u00e9 sur les terres, territoires et ressources qu&#039;ils ont historiquement occup\u00e9s ; et<\/p>\n<p>\u00b7 \u00ab\u00a0lorsque les droits de propri\u00e9t\u00e9 et d&#039;usage des peuples autochtones d\u00e9coulent de droits existant avant la cr\u00e9ation d&#039;un \u00c9tat, la reconnaissance par cet \u00c9tat du titre permanent et inali\u00e9nable des peuples autochtones relatif \u00e0 celui-ci et la reconnaissance du fait que ce titre ne peut \u00eatre modifi\u00e9 que par consentement mutuel entre l&#039;\u00c9tat et les peuples autochtones concern\u00e9s lorsqu&#039;ils ont pleinement connaissance et appr\u00e9ciation de la nature ou des attributs de ces biens. Cela implique \u00e9galement le droit \u00e0 une indemnisation \u00e9quitable en cas de perte irr\u00e9vocable de ces droits de propri\u00e9t\u00e9 et d\u2019utilisation \u00bb au par. 130.<\/p>\n<p>130. Par ailleurs, bien que le Belize n\u2019ait pas encore ratifi\u00e9 la Convention n\u00b0 169 de l\u2019Organisation internationale du travail concernant les peuples indig\u00e8nes et tribaux dans les pays ind\u00e9pendants (OIT n\u00b0 169) du 7 juin 1989, il ne fait aucun doute que l\u2019article 14 de cet instrument contient des dispositions concernant le droit des peuples autochtones \u00e0 la terre qui correspondent aux principes g\u00e9n\u00e9raux du droit international concernant les peuples autochtones.<\/p>\n<p>131. \u00c0 cet \u00e9gard, la r\u00e9cente D\u00e9claration sur les droits des peuples autochtones adopt\u00e9e par l\u2019Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des Nations Unies le 13 septembre 2007 est \u00e9galement importante. Bien entendu, contrairement aux r\u00e9solutions du Conseil de s\u00e9curit\u00e9, les r\u00e9solutions de l\u2019Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale ne sont g\u00e9n\u00e9ralement pas contraignantes pour les peuples autochtones. \u00c9tats membres. Mais lorsque ces r\u00e9solutions ou d\u00e9clarations contiennent des principes du droit international g\u00e9n\u00e9ral, les \u00c9tats ne sont pas cens\u00e9s les ignorer.<\/p>\n<p>Cette D\u00e9claration \u2013 GA Res 61\/295, a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e par un nombre \u00e9crasant de 143 \u00c9tats pour, contre seulement quatre \u00c9tats contre et onze abstentions. Il est, \u00e0 mon avis, d&#039;une importance capitale que le Belize ait vot\u00e9 en faveur de cette D\u00e9claration. Et je trouve que son article 26 rev\u00eat une r\u00e9sonance et une pertinence particuli\u00e8res dans le contexte de cette affaire, refl\u00e9tant, comme je pense, le consensus croissant et les principes g\u00e9n\u00e9raux du droit international sur les peuples autochtones et leurs terres et ressources. L&#039;article 26 stipule :<\/p>\n<p>\u00ab Article 26<\/p>\n<p>1. Les peuples autochtones ont droit aux terres, territoires et ressources qu\u2019ils poss\u00e8dent, occupent ou utilisent ou acquis de toute autre mani\u00e8re.<\/p>\n<p>2. Les peuples autochtones ont le droit de poss\u00e9der, d&#039;utiliser, de d\u00e9velopper et de contr\u00f4ler les terres, territoires et ressources qu&#039;ils poss\u00e8dent en raison de leur propri\u00e9t\u00e9 traditionnelle ou d&#039;une autre occupation ou utilisation traditionnelle, ainsi que ceux qu&#039;ils ont autrement acquis.<\/p>\n<p>3. Les \u00c9tats accordent une reconnaissance et une protection juridiques \u00e0 ces terres, territoires et ressources. Cette reconnaissance doit \u00eatre effectu\u00e9e dans le respect des coutumes, des traditions et des r\u00e9gimes fonciers des peuples autochtones concern\u00e9s.<\/p>\n<p>\n132. Je suis donc d\u2019avis que cette d\u00e9claration, qui consacre les principes g\u00e9n\u00e9raux du droit international relatifs aux peuples autochtones et \u00e0 leurs terres et ressources, est d\u2019une telle force que les d\u00e9fendeurs, repr\u00e9sentant le Gouvernement du Belize, ne n\u00e9gligeront pas il. Le Belize, faut-il le rappeler, a vot\u00e9 pour. Dans l&#039;article 42 de la D\u00e9claration, les Nations Unies, leurs organes et agences sp\u00e9cialis\u00e9es, y compris au niveau des pays, et les \u00c9tats, sont invit\u00e9s \u00e0 promouvoir le respect et la pleine application des dispositions de la D\u00e9claration et \u00e0 surveiller son efficacit\u00e9.<\/p>\n<p>133. J\u2019ose donc penser que les d\u00e9fendeurs ne seraient pas dispos\u00e9s, voire r\u00e9pugnaient, \u00e0 prendre des mesures qui iraient \u00e0 l\u2019encontre des dispositions de cette d\u00e9claration, ce qui impliquerait, \u00e0 mon avis, des obligations importantes pour l\u2019\u00c9tat du Belize dans la mesure o\u00f9 les droits des indig\u00e8nes Mayas sur leurs terres et leurs ressources sont concern\u00e9s. Enfin, l&#039;article 46 de la D\u00e9claration exige que ses dispositions soient interpr\u00e9t\u00e9es conform\u00e9ment aux principes de justice, de d\u00e9mocratie, de respect des droits de l&#039;homme, d&#039;\u00e9galit\u00e9, de non-discrimination, de bonne gouvernance et de bonne foi.<\/p>\n<p>134. Je conclus donc que les d\u00e9fendeurs sont tenus, tant en droit interne en vertu des dispositions constitutionnelles examin\u00e9es dans cette affaire, qu&#039;en droit international, d\u00e9coulant de l&#039;obligation du Belize en vertu de celles-ci, de respecter les droits et int\u00e9r\u00eats des demandeurs. en tant que membres de la communaut\u00e9 autochtone maya, \u00e0 leurs terres et ressources qui font l&#039;objet de cette affaire.<\/p>\n<p>135. Conclusion<\/p>\n<p>M\u00eame si, d&#039;apr\u00e8s mon analyse de la demande relative \u00e0 la privation de propri\u00e9t\u00e9 et\/ou \u00e0 la prise ou \u00e0 l&#039;acquisition forc\u00e9e, je ne suis pas en mesure de constater ainsi, en ce qui concerne la propri\u00e9t\u00e9 des demandeurs sur leurs terres, la d\u00e9gradation de celle-ci caus\u00e9e cependant par les d\u00e9fendeurs en d\u00e9livrant des permis de explorer et exploiter les ressources qui s&#039;y trouvent sont, \u00e0 mon avis, d&#039;une telle importance qu&#039;il est appropri\u00e9 d&#039;interdire aux d\u00e9fendeurs de le faire sans consultation et accord ad\u00e9quats avec les demandeurs. Cela sera refl\u00e9t\u00e9 dans ma commande.<\/p>\n<p>136. En cons\u00e9quence, j&#039;ordonne et accorde ce qui suit\u00a0:<\/p>\n<p>a) Une d\u00e9claration selon laquelle les demandeurs des villages de Santa Cruz et Conejo et leurs membres d\u00e9tiennent, respectivement, des droits collectifs et individuels sur les terres et les ressources qu&#039;ils ont utilis\u00e9es et occup\u00e9es selon les pratiques coutumi\u00e8res mayas et que ces droits constituent une \u00ab propri\u00e9t\u00e9 \u00bb au sein du territoire. sens des articles 3(d) et 17 de la Constitution du Belize.<\/p>\n<p>b) Une d\u00e9claration selon laquelle les villages mayas de Santa Cruz et Conejo d\u00e9tiennent un titre collectif sur les terres que leurs membres ont traditionnellement utilis\u00e9es et occup\u00e9es dans les limites \u00e9tablies par les pratiques coutumi\u00e8res mayas\u00a0; et que ce titre collectif inclut les droits et int\u00e9r\u00eats individuels d\u00e9riv\u00e9s des membres du village qui sont conformes et soumis au droit coutumier de Santa Cruz, Conejo et Maya.<\/p>\n<p>c) Une ordonnance selon laquelle le gouvernement d\u00e9terminera, d\u00e9limitera et fournira une documentation officielle sur le titre et les droits de Santa Cruz et Conejo conform\u00e9ment au droit et aux pratiques coutumi\u00e8res mayas, sans pr\u00e9judice des droits des villages voisins.<\/p>\n<p>d) Une ordonnance enjoignant aux d\u00e9fendeurs de cesser et de s&#039;abstenir de tout acte susceptible d&#039;amener les agents du gouvernement lui-m\u00eame, ou des tiers agissant avec son acquiescement ou sa tol\u00e9rance, \u00e0 affecter l&#039;existence, la valeur, l&#039;usage ou la jouissance des biens situ\u00e9s dans le zone g\u00e9ographique occup\u00e9e et utilis\u00e9e par le peuple maya de Santa Cruz et de Conejo, \u00e0 moins que ces actes ne soient conformes \u00e0 leur consentement \u00e9clair\u00e9 et aux garanties de la Constitution du Belize. Cette ordonnance comprend, sans toutefois s&#039;y limiter, l&#039;obligation pour le gouvernement de s&#039;abstenir de\u00a0:<\/p>\n<p>je. d\u00e9livrer des baux ou des subventions pour des terres ou des ressources en vertu de la Loi sur les terres nationales ou de toute autre loi\u00a0;<\/p>\n<p>ii. enregistrer tout int\u00e9r\u00eat foncier de ce type\u00a0;<\/p>\n<p>iii. \u00e9mettre toute r\u00e9glementation concernant l\u2019utilisation des terres ou des ressources\u00a0; et<\/p>\n<p>\niv. d\u00e9livrer des concessions pour l&#039;exploitation et la r\u00e9colte des ressources, y compris les concessions, permis ou contrats autorisant l&#039;exploitation foresti\u00e8re, la prospection ou l&#039;exploration, l&#039;exploitation mini\u00e8re ou une activit\u00e9 similaire en vertu de la Loi sur les for\u00eats, de la Loi sur les mines et min\u00e9raux, de la Loi sur le p\u00e9trole ou de toute autre loi.<\/p>\n<p>AO CONT\u00c9H<br \/>\nJuge en chef<\/p>\n<p>\nEN DATE : 18 octobre 2007.<br \/>\n&nbsp;<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>IN THE SUPREME COURT OF BELIZE, A.D. 2007 CONSOLIDATED CLAIMS CLAIM NO. 171 OF 2007 BETWEEN: AURELIO CAL in his own behalf and on behalf of the MAYA VILLAGE OF SANTA CRUZ and BASILIO TEUL, HIGINIO TEUL, MARCELINA CAL TEUL and SUSANO CANTI Claimants AND THE ATTORNEY GENERAL OF BELIZE and THE MINISTER OF NATURAL [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","resource-topic":[47,74,75,242],"resource-type":[528],"resource-category":[30097],"content-for-websites":[],"region":[567,534],"class_list":["post-3093","resource","type-resource","status-publish","hentry","resource-topic-constitutions","resource-topic-human-rights","resource-topic-indigenous-peoples","resource-topic-land-rights-1","resource-type-cases","resource-category-legal","region-belize","region-central-america"],"blocksy_meta":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/elaw.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/resource\/3093","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/elaw.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/resource"}],"about":[{"href":"https:\/\/elaw.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/resource"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/elaw.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/8"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/elaw.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3093"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/elaw.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3093"}],"wp:term":[{"taxonomy":"resource-topic","embeddable":true,"href":"https:\/\/elaw.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/resource-topic?post=3093"},{"taxonomy":"resource-type","embeddable":true,"href":"https:\/\/elaw.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/resource-type?post=3093"},{"taxonomy":"resource-category","embeddable":true,"href":"https:\/\/elaw.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/resource-category?post=3093"},{"taxonomy":"content-for-websites","embeddable":true,"href":"https:\/\/elaw.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/content-for-websites?post=3093"},{"taxonomy":"region","embeddable":true,"href":"https:\/\/elaw.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/region?post=3093"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}